
Mis à jour le 21 septembre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Quand vous cliquez sur « Acheter » ou « Vendre » sur votre plateforme, qui se trouve réellement de l'autre côté de votre transaction ? Selon le modèle d'exécution de votre courtier, la réponse change du tout au tout : ce peut être votre propre broker, un fournisseur de liquidité externe… ou le carnet d'ordres réel de la bourse. C'est toute la différence entre un Market Maker, un broker No Dealing Desk (NDD) et un accès direct au marché (DMA).
Les courtiers utilisent fréquemment le terme « No Dealing Desk » comme argument marketing, en affirmant que les brokers Dealing Desk gagnent de l'argent sur les pertes de leurs clients. Le trader a-t-il donc vraiment intérêt à fuir les teneurs de marché ? Ce guide vous explique en langage clair le fonctionnement réel de chaque modèle, leurs différences concrètes (spreads, exécution, conflit d'intérêts) et comment identifier celui de votre broker — car dans la pratique, la frontière est bien plus floue qu'il n'y paraît.
Pour gérer le risque lié aux positions de leurs clients, les courtiers ont le choix entre deux grandes approches :
Le principal argument des brokers NDD est qu'ils auraient « plus intérêt » à voir leurs clients gagner, puisqu'ils ne prennent pas de position contre eux. À première vue, ouvrir un compte NDD paraît donc plus rassurant. Dans la réalité, c'est plus nuancé : les statistiques publiées par la NFA aux États-Unis montrent que les clients des brokers NDD perdent leur argent aussi souvent — voire davantage dans certains cas — que ceux des teneurs de marché.
La rumeur répandue est en partie fausse : un broker DD comme un broker NDD ne cherche pas spécifiquement à « faire perdre » ses clients. Chacun cherche légitimement à maximiser ses revenus sur l'ensemble des trades, gagnants ou perdants. Le vrai sujet n'est donc pas « qui est honnête », mais comment chaque modèle gère le conflit d'intérêts et ce que cela change pour vos coûts et votre exécution.
À retenir : « NDD » n'est pas un label de qualité, mais une description de la façon dont vos ordres sont acheminés. Un teneur de marché régulé peut offrir une meilleure expérience qu'un « faux ECN » non régulé.
Un broker teneur de marché (Market Maker, ou MM) est un courtier qui se porte lui-même contrepartie de vos transactions. Plutôt que d'envoyer votre ordre vers le marché interbancaire, il crée son propre marché interne : il fixe ses prix d'achat (bid) et de vente (ask), fournit la liquidité et exécute vos ordres depuis son propre « stock ».
Concrètement, si vous achetez un CFD sur l'EUR/USD et qu'aucun autre client ne vend au même moment, le teneur de marché vous vend directement la position. Il devient votre vendeur ; vous devenez son acheteur. On parle aussi de broker Dealing Desk (DD), car un « bureau de négociation » interne gère ces positions.
Les courtiers Dealing Desk ne redirigent pas la totalité des ordres vers des contreparties externes : ils peuvent aussi confronter les ordres de leurs clients entre eux pour empocher l'intégralité du spread. Par exemple, si un client achète au prix vendu par un autre client, l'ordre n'est jamais réellement passé sur le marché interbancaire. Le dealing desk peut également décider de couvrir les positions sur le marché interbancaire en obtenant un meilleur prix : dans ce cas, le broker empoche le spread plus la différence entre le prix demandé par le client et le prix réellement obtenu.
Le teneur de marché gagne principalement de l'argent sur le spread, c'est-à-dire la différence entre le prix d'achat et le prix de vente. Prenons un exemple simple :
Supposons que l'EUR/USD soit coté 1,0850 / 1,0852 (bid/ask), soit un spread de 2 pips. Vous ouvrez une position acheteuse : le broker vous vend au prix ask (1,0852). Si un autre client vend au même moment au prix bid (1,0850), le teneur de marché encaisse la différence — les 2 pips — sans prendre le moindre risque.
Mais s'il n'y a pas de contrepartie naturelle, le broker conserve la position en interne. Deux cas de figure :
Ce bénéfice sur le spread peut sembler minime, mais un teneur de marché traite des milliers de positions par jour : à grande échelle, le modèle est extrêmement rentable, d'autant que la majorité des traders de détail sont perdants.
Les brokers No Dealing Desk se classent en deux catégories : STP ou ECN + STP. En théorie, un courtier NDD agit uniquement comme intermédiaire : il redirige les transactions vers des teneurs de marché « Market Maker » moyennant une commission. Mais dans la pratique, il fait aussi une forme de market making, car il compare les prix de ses différents fournisseurs de liquidité pour obtenir un spread minimum, parfois de 0 pip. Or ce spread nul n'est jamais proposé tel quel au client : le broker NDD empoche alors une petite marge supplémentaire, comme un teneur de marché.
Un broker STP (Straight Through Processing) achemine les ordres de ses clients directement vers ses fournisseurs de liquidité, qui ont accès au marché interbancaire. Les courtiers STP disposent généralement de nombreux fournisseurs de liquidité, ce qui leur permet de filtrer les meilleurs prix disponibles. Ce type de broker se rémunère en majorant légèrement le spread.
Un broker ECN permet à ses clients d'interagir avec les ordres des autres participants au sein du réseau ECN (Electronic Communication Network). Ces participants peuvent être des banques, des traders, des hedge funds ou d'autres courtiers, qui échangent des devises en affichant leurs meilleurs cours acheteurs et vendeurs.
Les brokers ECN permettent également de voir la profondeur du marché (le carnet d'ordres) : le trader visualise les ordres des autres participants. Les courtiers ECN ne majorent pas le spread ; ils se rémunèrent avec une commission fonction du volume de transactions.
Le DMA (Direct Market Access, ou accès direct au marché) est la forme la plus poussée du modèle No Dealing Desk. Il permet aux traders de CFD d'interagir directement avec les carnets d'ordres en direct des bourses mondiales. Historiquement, seules les plus grandes institutions financières y avaient accès ; les progrès technologiques ont depuis permis aux brokers CFD de proposer le trading DMA et le level 2 (l'affichage de la profondeur de marché) aux traders de détail.

Un ordre DMA est exécuté directement à travers le marché physique du sous-jacent, sans intervention du broker. Cela garantit une exécution en temps réel et de véritables prix de marché : la tarification est identique à celle du sous-jacent, et les ordres des clients sont obligatoirement couverts sur le marché réel. Le trading CFD DMA cumule ainsi les avantages du trading d'actions et ceux des contrats pour différence.
Le principal atout du DMA est la transparence totale du carnet d'ordres. Le trading DMA est décentralisé : l'information sur les prix est visible par tous les participants. Quand vous passez un ordre sur le niveau 2, il apparaît sur les écrans de l'ensemble du marché ; vous devenez alors preneur ou décideur de prix, et non plus simple spectateur. C'est un net avantage par rapport à un mécanisme centralisé, où un prix unique est fourni par une autorité — ce qui explique d'ailleurs les fourchettes de prix souvent larges lors d'une introduction en bourse (IPO). Le DMA permet aussi de participer aux enchères d'ouverture et de fermeture des bourses.
Le DMA n'est pas pour tout le monde. Ses principales contraintes :
En clair : le DMA est le modèle le plus transparent qui soit, car vos ordres sont réellement placés dans le carnet de la bourse. Mais cette transparence a un prix (données level 2, absence de stop garanti) et une portée limitée (surtout des actions). C'est un outil de trader actif, pas de débutant.
Trois grandes familles d'exécution coexistent sur le marché du forex et des CFD. Voici leurs différences essentielles :
| Critère | Market Maker (Dealing Desk) | STP (NDD) | ECN / DMA (NDD) |
|---|---|---|---|
| Contrepartie | Le broker lui-même | Fournisseurs de liquidité | Réseau interbancaire / bourse physique |
| Conflit d'intérêts | Oui (structurel) | Faible | Aucun |
| Spreads | Fixes le plus souvent | Variables | Variables, très serrés |
| Rémunération | Le spread | Marge dans le spread | Commission par lot |
| Exécution | Instantanée, requotes possibles | Automatique | Directe, carnet d'ordres visible (level 2) |
| Profil adapté | Débutants, petits volumes | Traders intermédiaires | Scalpers, gros volumes, actions |
En résumé : le Market Maker privilégie la simplicité et la prévisibilité (spreads fixes, petits comptes), tandis que l'ECN et le DMA visent la transparence et des coûts serrés pour les traders actifs. Le STP se situe entre les deux.
Pour aller plus loin, voici les cinq points qui départagent concrètement un compte ECN (No Dealing Desk) d'un compte teneur de marché :
| Caractéristique | ECN | Market Maker | Explication |
|---|---|---|---|
| Anonymat | ✅ | ❌ | Le broker dealing desk voit les ordres de ses clients et peut utiliser cette information à son avantage. |
| Exécution STP | ✅ | ❌ | Le courtier ECN offre la possibilité de trader directement sur le marché interbancaire. |
| Requote | ❌ | ✅ | Avec un broker ECN, il n'y a pas de re-quotation : le trader obtient le prix indiqué au moment de passer l'ordre. |
| Profondeur du Marché | ✅ | ❌ | Le broker ECN montre le volume disponible et les meilleurs prix de vente / achat. |
| Conflit d'intérêt | ❌ | ✅ | Un broker ECN ne prend pas de position contre son client, il joue seulement le rôle d'intermédiaire entre le trader et le fournisseur de liquidité. |
Dans la pratique, la frontière entre Market Maker et broker NDD s'est largement estompée. En 2026, la grande majorité des brokers CFD opèrent un modèle hybride A-Book / B-Book :
La classification est automatisée et invisible pour le client : la plupart des brokers routent les traders identifiés comme rentables vers le A-Book (pour transférer le risque au marché) et les traders perdants vers le B-Book (pour capter leurs pertes). Un même broker peut donc être « ECN » pour un client et « Market Maker » pour un autre — ce qui explique pourquoi l'étiquette « NDD » affichée sur un site marketing ne dit pas grand-chose de la réalité de votre exécution.
Bon à savoir : depuis les mesures d'intervention de l'ESMA, un client de détail ne peut pas perdre plus que le solde de son compte (protection contre le solde négatif). En cas de gap violent, c'est le broker B-Book, et non le client, qui absorbe la perte au-delà de zéro. Le modèle B-Book pur est donc devenu bien plus risqué pour le courtier qu'il y a dix ans.
Le reproche central adressé aux teneurs de marché est le conflit d'intérêts : puisque le broker peut gagner de l'argent quand le client en perd, il pourrait être tenté de dégrader l'exécution (requotes, slippage défavorable, déclenchement de stops). Ce risque est réel, mais fortement encadré dans l'Union européenne :
Autrement dit, un teneur de marché régulé par l'AMF, la CySEC, la BaFin ou la FCA reste soumis à des garde-fous stricts. Le vrai danger vient des brokers non régulés ou offshore, qui échappent à ces obligations — qu'ils se présentent comme « Market Maker », comme « ECN » ou comme « DMA ».
Aucun modèle n'est bon ou mauvais en soi : tout dépend de votre profil de trader et du sérieux du broker. Voici la synthèse pour le modèle teneur de marché, le plus discuté :
À l'inverse, un compte ECN ou DMA (NDD) offre des spreads très serrés, une exécution directe et l'absence de conflit d'intérêts, au prix d'une commission par lot et d'un dépôt minimum souvent plus élevé — un profil qui convient davantage aux scalpeurs et aux traders actifs. Le DMA ajoute la transparence totale du carnet d'ordres (level 2), mais reste centré sur les actions.
Un broker met rarement en avant son modèle réel. Voici cinq vérifications concrètes pour identifier s'il fonctionne en No Dealing Desk (ECN/STP/DMA) ou en teneur de marché :
Ce document réglementaire (obligatoire sous MiFID II) précise si le broker agit en Dealing Desk / contrepartie ou s'il transmet les ordres à des fournisseurs externes. Les mentions « market maker », « dealing on own account » ou « contrepartie » signalent un teneur de marché ; « STP », « ECN », « DMA » ou « agency » signalent un NDD.
Des spreads fixes, garantis quelles que soient les conditions de marché, trahissent presque toujours un teneur de marché : seul un Dealing Desk peut figer un prix indépendant du carnet d'ordres réel. Un broker NDD affiche des spreads variables.
Un broker régulé dans l'UE (AMF, CySEC, BaFin) ou au Royaume-Uni (FCA) doit respecter des obligations strictes de gestion des conflits d'intérêts. Un broker sans régulation sérieuse est à éviter, quel que soit son modèle affiché.
Un broker ECN ou DMA facture une commission séparée par lot avec des spreads très serrés. Un teneur de marché ou un STP se rémunère le plus souvent dans le spread, sans commission distincte. Le mode de facturation révèle le modèle économique.
Sur un petit compte, observez les requotes et le slippage lors des annonces économiques. Des requotes fréquents et un slippage systématiquement défavorable trahissent un teneur de marché agressif.
Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.
Il n'y a pas de « bon » ou de « mauvais » modèle dans l'absolu : le meilleur choix dépend de votre style de trading.
Surtout, ne vous arrêtez pas à l'étiquette « NDD », « ECN » ou « DMA » affichée sur un site : avec le modèle hybride A-Book/B-Book, elle ne garantit rien. Les critères qui comptent vraiment sont la régulation (AMF, CySEC, BaFin, FCA), la solidité financière du broker, la qualité réelle de l'exécution et la transparence des frais. Un teneur de marché régulé et transparent vaut mieux qu'un « ECN » opaque et non régulé.