
Mis à jour le 28 septembre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Pas de diplôme, des petits boulots, puis une publicité Instagram pour une formation de trading qu'il n'avait pas les moyens de s'offrir : c'est ainsi que Daniel Perkins est entré dans le monde du forex en 2014. Ancien chauffeur-livreur devenu gestionnaire de comptes chez deux courtiers, il est aujourd'hui swing trader sur le marché des devises et fondateur de The Forex Centre, une structure de formation au trading basée à Londres.
Cet article réunit deux entretiens accordés par Daniel Perkins : le récit de son parcours, avec ses comptes « explosés » et son déclic devant les graphiques, et la description détaillée d'une de ses journées de trader. Nous y avons ajouté une synthèse de sa méthode et les enseignements concrets à en tirer si vous débutez.
La connaissance n'est pas un pouvoir tant qu'elle n'est pas appliquée - Daniel Perkins
Daniel Perkins a grandi à Londres avec sa mère et ses trois frères et sœurs. Il a quitté l'université prématurément sans terminer ses GCSE (les examens britanniques de fin de scolarité obligatoire) et a enchaîné les emplois, dont celui de chauffeur-livreur, sans jamais trouver sa place. Le trading lui est apparu comme un moyen d'accéder à la liberté financière, et plus tard comme un défi technique qui ne l'a plus lâché.
| Critère | Daniel Perkins |
|---|---|
| Activité | Swing trader, formateur et mentor |
| Entreprise | The Forex Centre (formation au trading) |
| Débuts | 2014, en autodidacte |
| Marché | Forex (paires majeures et croisées du yen) |
| Style | Swing trading, analyse technique top-down |
| Durée des positions | De 2 jours à 1 semaine |
| Expérience professionnelle | Gestionnaire de comptes / trader pour deux sociétés de courtage |
| Base | Londres (bureau à Canary Wharf au moment de l'entretien) |
Son histoire illustre bien la réalité du métier de trader pour un particulier : pas de parcours royal, beaucoup d'essais et d'erreurs, et une progression qui repose davantage sur la discipline que sur le talent.
Tout commence en 2014 avec un compte Instagram qui fait la promotion d'une formation de trading de trois jours facturée environ 995 £. Daniel n'a pas les moyens de payer. Il décide donc d'apprendre seul, en lisant BabyPips, en regardant des vidéos YouTube et en échangeant avec des traders du secteur.
Il pratique d'abord une année entière sur compte démo, puis passe en réel. Entre 2014 et 2016, les revers s'accumulent : gros drawdowns, comptes qui sautent, pertes en suivant les signaux d'autres traders. Il reconnaît aussi avoir été trop confiant à une époque où il gagnait et perdait de l'argent en même temps.
Le déclic arrive un soir, dans son bureau, devant ses graphiques : il a soudain l'impression de comprendre les mouvements et le comportement du marché, « comme si on actionnait un interrupteur ». Cette compétence lui ouvre les portes de deux sociétés de courtage, où il travaille comme gestionnaire de comptes et trader, avant de lancer sa propre activité de mentorat : The Forex Centre.
À noter : au moment de l'entretien, Daniel expliquait faire croître son compte « lentement et régulièrement » depuis au moins deux ans. Il reste prudent : selon lui, il n'a « pas encore réussi ». Un rappel utile face aux profils de traders qui affichent des gains spectaculaires sur les réseaux sociaux.
Daniel Perkins a adopté le swing trading par contrainte : il travaillait alors de nuit et ne pouvait pas surveiller les marchés en continu. En passant sur des unités de temps plus élevées, il a réduit à la fois le stress et le temps d'écran. Voici sa routine hebdomadaire, telle qu'il la décrit.
Il réalise toute son analyse le dimanche soir, avant l'ouverture du lundi, sur six paires : EUR/USD, GBP/USD, USD/JPY, AUD/USD, GBP/JPY et EUR/JPY. Il procède en analyse descendante (top-down), des unités de temps longues vers les plus courtes.
Parmi ces six paires, il ne trade qu'une ou deux à la fois. Moins de positions, c'est moins de dispersion et un risque plus facile à maîtriser.
Les ordres sont prêts pour l'ouverture du lundi ou placés directement sur le marché. Notre conseil : définissez toujours à l'avance votre niveau d'entrée, votre stop loss et votre objectif de gain.
Il conserve ses positions de deux jours à une semaine selon ce que montre le marché. En semaine, il se contente de jeter un œil aux graphiques et à l'actualité. Il arrive qu'un trade préparé le dimanche soit déjà gagnant le lundi.
Il enregistre tous ses trades, gagnants comme perdants, pour identifier ses erreurs et affiner ses configurations. Il recommande de backtester une stratégie pendant au moins six mois avant de chercher à gagner sérieusement de l'argent.
Daniel se définit comme un trader technique plutôt que fondamental : il suit l'actualité (Bloomberg, Investing.com) pour rester informé, mais ce sont les graphiques qui dictent ses décisions.
Comment s'organise concrètement la journée d'un swing trader londonien ? Daniel a détaillé son emploi du temps. Les horaires ci-dessous sont à l'heure de Londres, soit une heure de moins qu'à Paris.
| Heure (Londres) | Activité |
|---|---|
| 6h30 | Réveil, café, contrôle des paires en cours, lecture de l'actualité et mise à jour de son site |
| Fin de matinée | Suivi des marchés à l'approche de la séance américaine, qui amène plus de volatilité et d'actualités |
| 13h00 | Déjeuner rapide, de préférence thaïlandais |
| 14h00 | Retour au bureau, rendez-vous clients, veille de marché, développement de nouveaux projets |
| 19h00 | Sortie du bureau et séance de sport d'1h30 à 2h |
| 21h00 | Dîner, dernier coup d'œil aux graphiques, temps en famille |
| 1h00 et au-delà | Coucher tardif lorsqu'il travaille sur des idées de trading ou d'affaires |
Quand il a un trade en cours, Daniel dort mal et se lève tôt. Pendant que l'eau du café chauffe, il ouvre son ordinateur pour vérifier ses paires, parcourt l'actualité sur Bloomberg ou Investing.com et met à jour son site avec les nouvelles du marché. Le reste de la matinée est calme : il se rend parfois à son bureau de Canary Wharf ou rencontre un client. Adepte de la salle de sport, il prend un porridge au petit-déjeuner.
C'est à l'approche de l'ouverture des marchés américains que les mouvements et les publications économiques s'intensifient. Mais en tant que swing trader, Daniel n'est pas aussi actif qu'un day trader : l'essentiel du travail a été fait le dimanche.
Grand amateur de cuisine thaïlandaise, il déjeune rapidement dans l'une de ses adresses favorites. Rien d'exceptionnel ici, et c'est justement le point : la vie d'un swing trader n'a rien des clichés du trader collé à six écrans.
Avant d'avoir un bureau, il recevait ses clients dans des cafés. L'après-midi, il garde un œil sur les marchés sans prendre de décision de trading et travaille à son projet de gestion de comptes pour le compte de clients. Ce projet dépendait alors de l'obtention d'une autorisation de la FCA, le régulateur financier britannique : conditions générales, procédure légale et choix des brokers étaient déjà prêts.
Il quitte le bureau vers 19 heures, quand la circulation se calme, pour une séance d'une heure et demie à deux heures.
De retour chez lui, il dîne, jette un nouveau coup d'œil à ses graphiques et passe du temps avec sa famille. Il limite volontairement son temps d'écran, l'une des raisons pour lesquelles il a choisi le swing trading.
Lorsqu'une idée de trading ou d'entreprise l'occupe, il se couche tard, parfois vers 2 ou 3 heures. Il rattrape son sommeil le week-end, pour ne pas « bâiller devant un client ».
Dans cet entretien, Daniel revient sur ses débuts, ses échecs, sa motivation et ses conseils pour les traders qui débutent ou qui traversent une période difficile.
J'ai commencé le trading en 2014, lorsque je l'ai découvert grâce à un compte Instagram qui faisait la publicité de formations. J'ai pris contact et on m'a expliqué qu'il s'agissait d'un cours de trois jours coûtant environ 995 £. Je ne pouvais pas me le permettre à l'époque, alors j'ai décidé d'apprendre à la dure : en rencontrant différents traders du secteur, en lisant BabyPips et en regardant des tonnes de vidéos YouTube. C'est là que je suis tombé amoureux des graphiques.
Avant 2014, je n'avais pas eu les meilleures notes au lycée et à l'université. J'enchaînais des emplois qui ne me convenaient pas et je savais que je ne voulais pas travailler sous les ordres de quelqu'un. Je voulais la liberté financière et j'ai réalisé que le trading pouvait me l'offrir. C'était un défi, mais j'étais prêt à le relever si cela me permettait de gagner de l'argent n'importe quand et n'importe où.
Je suis devenu un trader de devises et j'ai acquis de solides connaissances sur le marché des changes. C'était difficile, mais comme j'étais régulier et que je savais ce que j'attendais de cette activité, j'ai continué.
Je suis swing trader : je garde mes positions de deux jours à une semaine selon ce que les marchés me montrent, et je ne trade qu'une ou deux paires à la fois. Je fais toute mon analyse le dimanche soir sur six paires, EUR/USD, AUD/USD, GBP/JPY, EUR/JPY, USD/JPY et GBP/USD, pour être prêt à l'ouverture du lundi ou placer des ordres sur le marché.
J'ai trouvé ce style à cause de mon emploi du temps chargé, quand je travaillais de nuit. Je faisais mon analyse descendante et j'entrais sur une unité de temps plus élevée, où le trading est moins stressant et demande moins de temps d'écran. Pendant mes heures de travail, je vérifiais simplement les graphiques de temps en temps et je me tenais au courant de l'actualité.
Au début, c'était la liberté financière et je voyais le trading comme un moyen rapide de gagner de l'argent. Avec le temps, j'ai compris que je devais affiner mes configurations. Pour progresser, j'ai enregistré mes trades au fil des années, ce qui me permet de voir où je me suis trompé et ce qu'il faut améliorer.
Oui, un soir, alors que j'étais assis dans mon bureau. Je regardais les graphiques et j'ai réalisé que je savais trader. Je n'arrivais pas à croire que c'était aussi simple que d'actionner un interrupteur. Tout a commencé à prendre sens : les mouvements et le comportement du marché.
J'ai structuré ma routine matinale, qui commence à 6h30, pour me concentrer sur les marchés. À cette époque, je gagnais de l'argent mais j'en perdais aussi ; avec le recul, j'étais trop confiant. Comme je n'avais pas de diplôme, le trading m'a ouvert des portes : j'ai pu travailler pour deux sociétés de courtage comme gestionnaire de comptes et trader, tout en lançant ma propre activité de mentorat pour les nouveaux traders, avec des informations de marché et des analyses techniques.
J'en ai connu beaucoup ! Du début de 2014 à 2016, j'ai subi des tonnes de revers et de gros drawdowns qui m'ont fait perdre des comptes. Je ne le regrette pas, parce que cela a fait de moi le trader que je suis. J'ai d'abord utilisé un compte démo pendant un an, puis je suis passé à l'argent réel parce qu'on m'avait dit que c'est là que les vraies émotions apparaissent. Cela s'est traduit par de nombreux trades perdants.
J'ai ensuite suivi d'autres traders qui fournissaient des signaux, et j'ai encore perdu de l'argent : je réalise aujourd'hui que c'était ma plus grande erreur. Grâce à ma régularité, j'ai développé de la patience et une « peau épaisse » : je n'attache plus d'émotions à mes trades. Depuis que j'ai surmonté ces échecs, mon compte progresse lentement mais régulièrement depuis au moins deux ans.
Je n'ai pas encore réussi, et ce n'est certainement pas grâce à mon intelligence ! Mais grâce au travail, au dévouement, à la régularité et à la volonté de percer le code du trading, je n'ai pas abandonné. J'ai rencontré de nombreux traders qui n'ont pas gagné d'argent tout de suite : cela m'a montré que la réussite dépend moins des gros gains immédiats que de l'éthique de travail. Comme on dit, 90 % des traders particuliers perdent ; je m'efforce de faire partie des 10 % qui réussissent.
Honnêtement, je ne me compare plus aux autres traders. Quand je le faisais, j'avais plus de trades perdants. Me concentrer sur moi-même m'a aidé : j'essaie simplement d'être meilleur qu'hier. Je pense qu'il faut avant tout le bon état d'esprit pour atteindre ses objectifs.
« La connaissance, c'est le pouvoir. » Prenez votre temps pour apprendre le métier, soyez patient et ne cherchez pas à gagner sérieusement de l'argent avant d'avoir backtesté votre stratégie pendant au moins six mois. Construisez un mini portefeuille où vous enregistrez tous vos trades, gagnants et perdants. Quand vous perdez, ne vous accablez pas : le marché ne correspondait simplement pas à votre stratégie à ce moment-là. Vous connaîtrez des hauts et des bas ; ne laissez ni les uns vous décourager, ni les autres vous rendre trop confiant. Restez les pieds sur terre.
Toujours. Cela m'aide à rester concentré et à travailler plus dur, qu'il s'agisse d'objectifs financiers, physiques ou mentaux, dans le trading comme dans la vie. Dans les moments difficiles, quand je me demande pourquoi je fais tout ça ou si je devrais abandonner, je relis mes objectifs actuels et futurs, et cela me remet sur la bonne voie.
Je ne changerais rien à mon parcours, car il a fait de moi ce que je suis. Les connaissances acquises ont changé ma vision de la vie. Le trading m'a rendu plus discipliné, ce qui était difficile pour moi auparavant. Je suis un trader autodidacte qui a parcouru un long chemin ; je suis loin d'être parfait et j'ai encore beaucoup à améliorer, mais avec ma passion pour les graphiques, je suis sûr de réussir.
Les débutants manquent de connaissances et ne reçoivent pas assez de conseils adaptés. Il existe beaucoup de formations trompeuses qui coûtent une fortune, et de nombreux débutants s'y inscrivent sans obtenir les bonnes informations, techniques et compétences. Mes ateliers me permettent de me présenter et de donner aux débutants un avant-goût du monde du trading. Ma différence : la transparence, de bons conseils, et le temps de former les débutants jusqu'à ce qu'ils soient prêts à trader seuls.
Je vois The Forex Centre régulé par la FCA, ce qui me permettrait de trader pour le compte d'investisseurs. Je le vois aussi se développer, avec une petite équipe de traders dévoués et nos propres bureaux dans la City de Londres pour continuer à enseigner et à encadrer. Je compte également lancer une application, dont je ne peux pas encore dévoiler grand-chose.
J'aime me détendre devant YouTube avec un verre de chardonnay. Je suis passionné de voitures et je vais à des rencontres automobiles le week-end, surtout le dimanche soir avant de retourner à mes graphiques pour préparer la semaine. J'aime découvrir différentes cuisines, la thaïlandaise étant ma préférée. Une fois que The Forex Centre sera stabilisé, j'aimerais voyager et découvrir d'autres pays et cultures.
Au-delà de l'anecdote, le parcours de Daniel Perkins contient plusieurs enseignements directement applicables.
Le chiffre à garder en tête : Daniel cite le fameux « 90 % des traders perdent ». Les avertissements que les brokers régulés en Europe doivent afficher confirment que la majorité des comptes CFD de particuliers perdent de l'argent, le plus souvent entre 70 % et 80 % selon les courtiers. Gestion du risque et patience ne sont pas des options.
Le style de Daniel Perkins est particulièrement adapté aux personnes qui ont un emploi ou des horaires contraints. Il présente toutefois des contraintes spécifiques.
Pour vous lancer, le plus simple est de reproduire sa démarche sur un compte démo gratuit : même routine du dimanche soir, mêmes paires, et un journal de trading tenu rigoureusement. Pour passer ensuite en réel, prenez le temps de choisir un broker forex régulé et adapté au swing trading, en comparant notamment les frais de swap.
Daniel Perkins a découvert le trading par une publicité pour une formation à près de 1 000 £ et dénonce lui-même les « formations trompeuses qui coûtent une fortune ». Les choses n'ont guère changé : les réseaux sociaux regorgent de « mentors » qui mettent en avant voitures de luxe et voyages. Quelques réflexes à adopter :
Ce dernier point concerne directement le projet de Daniel : il souhaitait gérer des comptes pour des clients mais attendait pour cela l'autorisation de la FCA. C'est le bon réflexe, et c'est exactement ce qu'un investisseur doit vérifier avant de confier son capital à qui que ce soit.
Le parcours de Daniel Perkins n'a rien d'un conte de fées : pas de fortune en quelques mois, mais des comptes perdus, une grosse erreur (les signaux des autres), un déclic, puis une progression lente et régulière. Sa méthode est simple et reproductible : analyse le dimanche, une ou deux paires seulement, positions tenues quelques jours et journal de trading systématique. Son principal message aux débutants tient en une phrase : la connaissance ne vaut que si elle est appliquée, avec patience et discipline. Pour découvrir d'autres profils et d'autres façons d'exercer, consultez notre dossier sur le métier de trader.
Source : entretiens accordés par Daniel Perkins au magazine britannique TraderLife (séries « Trader Dozen » et « Trader Day in the Life », 2020), traduits et adaptés par l'Équipe de traders-forex.fr.