
Mis à jour le 02 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Etienne Crete a attrapé le virus du trading à 18 ans, en voulant prouver à son père qu'il pouvait réussir sur les marchés. Treize ans plus tard, ce Montréalais fait partie des rares traders forex qui vivent réellement le « rêve » vendu dans tant de séminaires : trader et voyager pour gagner sa vie.
Le chemin n'a pourtant rien eu de facile. Dans cette interview, Etienne Crete revient sur ses échecs, sur les deux habitudes qui ont transformé son trading et sur ce qu'il a appris en interviewant des centaines de traders dans son podcast Desire To Trade. Nous avons complété l'entretien, réalisé en 2020, par un point sur son parcours depuis.
L'échec fait partie du processus qui permet de devenir un bon trader. Il est très difficile de s'en tenir à son plan de trading si l'on n'a jamais fait soi-même l'expérience du trading « de casino ». Etienne Crete
Etienne Crete est un trader canadien né à Montréal. Il ouvre son premier compte de démonstration forex en 2013, puis un compte réel quelques semaines plus tard. Après plusieurs années à tester des stratégies sans résultat durable, il se tourne vers une approche simple fondée sur l'action des prix (price action) et se spécialise dans le swing trading.
En 2015, il crée Desire To Trade, d'abord un blog, puis un podcast dans lequel il interviewe des traders expérimentés. En 2017, il quitte Montréal pour trader à plein temps tout en voyageant, notamment en Asie.
| Etienne Crete en bref | |
|---|---|
| Origine | Montréal (Canada) |
| Début du trading | 2013, à 18 ans |
| Trading à plein temps | Depuis 2017 |
| Marché principal | Forex |
| Style | Swing trading (price action), en partie automatisé par des algorithmes |
| Projet | Desire To Trade : blog, podcast, chaîne YouTube, formations |
| Livre | Prop Trading Secrets, co-écrit avec Kathy Lien |
Cet entretien a été réalisé en 2020. Les réponses reflètent la situation d'Etienne Crete à cette date.
J'ai commencé le trading en 2013, lorsque j'ai eu 18 ans. Je m'y intéressais depuis quelques mois et j'ai choisi le forex, car j'avais suivi un atelier en ligne pour débutants. Je voulais prouver à mon père (qui avait perdu pas mal d'argent sur les marchés) que j'en étais capable. Il s'est avéré que je n'étais pas meilleur que lui au début, mais je n'ai pas abandonné !
Au cours des années qui ont suivi, j'ai probablement essayé des dizaines de stratégies, sans réussir à en conserver une seule très longtemps. Puis je suis parti étudier un semestre à l'étranger, ce qui m'a donné envie de prendre au sérieux l'idée de « trader pour gagner ma vie », au lieu d'essayer simplement de gagner de l'argent.
J'ai alors commencé à m'entourer de traders, grâce à des rencontres (meetups) et en demandant à interviewer ceux que j'admirais. Cela m'a conduit à développer un style de trading de retournement que j'exécutais bien, puis à partir voyager et trader à plein temps en 2017.
C'est un peu des deux ! Je dois être présent pour mon trading. Mais je ne serais probablement pas aussi épanoui s'il me prenait six heures ou plus par jour. Je planifie mes journées avec beaucoup de soin et je garde beaucoup de temps pour les voyages et l'exploration. J'ai aussi commencé à utiliser des algorithmes pour faciliter mon trading et automatiser une grande partie des tâches « mécaniques ».
Au début, c'était l'argent et la liberté. Aujourd'hui, j'aime simplement progresser. J'aime apprendre de nouvelles choses, affiner mes stratégies et mes algorithmes. J'aime aussi échanger avec des traders du monde entier et voir comment ils travaillent : cela me motive toujours à avancer sur mes propres projets !
Absolument ! Il y en a beaucoup...
1. La tenue d'un journal : ce n'est pas propre au trading. Chaque jour, je note ce qui s'est bien passé, ce qui n'a pas marché et comment je peux m'améliorer. Cela fait une grande différence et me permet de progresser de 1 % à la fois.
2. Aller vers les traders qui réussissent : en 2015, j'ai compris à quel point il était important de s'entourer des bonnes personnes. Si je voulais devenir un bon trader, je devais côtoyer de grands traders. Chaque semaine, j'envoyais donc cinq courriels à cinq traders que j'admirais : des auteurs, des coachs, des prop traders, etc. Je leur demandais une interview, et c'est ce qui a radicalement amélioré mon état d'esprit de trader. Mes compétences ont suivi.
Je pratique bien d'autres habitudes au quotidien, mais ce sont certainement celles qui m'ont le plus aidé !
Quand on a une véritable passion, les échecs n'ont pas d'importance. Au début de mon parcours, j'ai eu plusieurs fois l'impression que je devais arrêter le trading, parfois après une série de pertes, parfois après un très mauvais trade. Il m'est arrivé de faire une pause de quelques semaines, mais je n'ai jamais abandonné.
Aujourd'hui, mon approche de l'échec est un peu plus affinée. Il ne sert à rien de se laisser abattre quand les choses vont mal. Les personnes les plus performantes savent se rassurer elles-mêmes pour se remettre sur les rails. Elles savent qu'elles ont échoué, mais elles ne s'en veulent pas : elles prévoient de faire mieux la prochaine fois.
L'incertitude a été le pire. Avec un compte de 5 000 dollars, je pouvais perdre 500 dollars au maximum. Mais avec un compte de 100 000 dollars, je pouvais en perdre 10 000. C'est très effrayant au premier abord. Les gens disent « ce ne sont que des chiffres différents ! », mais ils ne comprennent généralement pas comment fonctionne notre rapport psychologique à l'argent.
Il faut s'entraîner à changer d'échelle. J'y travaille encore : c'est un processus continu.
Parmi les traders que j'ai interviewés, aucun n'avait exactement le même style. Chacun a sa façon de faire : il n'existe donc pas de meilleure stratégie ni de meilleure paire de devises. C'est le premier point commun.
Ensuite, la plupart s'accordent à dire qu'on ne peut pas forcer le marché à offrir des profits réguliers. La seule chose que l'on maîtrise, c'est la régularité de son approche. On ne peut pas non plus traiter le trading comme un passe-temps que l'on pratique quand on en a envie. Les entreprises prospères n'ouvrent pas quand cela leur chante : elles sont là chaque jour, à la même heure. Traiter son trading comme une entreprise, c'est cela.
Dans le même ordre d'idées, il ne faut pas trop s'attarder sur ses pertes. Ce serait comme si le PDG d'une entreprise du Fortune 500 consultait chaque jour les remboursements de ses magasins et s'en désolait. Les PDG comme les grands traders se concentrent sur la vue d'ensemble.
Je pense que ceux qui abandonnent le trading n'ont pas encore trouvé ce qui les passionne vraiment. Ils doivent continuer à essayer de nouvelles choses et, un jour, ils trouveront une activité qui ne leur demandera presque aucun effort. L'échec dans le trading, c'est différent : il fait partie du processus qui permet de devenir un bon trader. Il est très difficile de s'en tenir à son plan de trading si l'on n'a jamais fait soi-même l'expérience du trading « de casino ».
De même, il est très difficile d'obtenir de bons résultats si l'on n'en a jamais connu de mauvais.
Mon premier grand objectif était d'avoir la liberté de voyager dans le monde entier tout en gagnant assez d'argent pour le faire. Je voulais pouvoir aller où je voulais, quand je voulais. Je l'ai atteint, et cela a changé mon objectif : il est devenu d'aider d'autres traders en herbe à faire de même. J'aime garder un trading affûté, parce que cela m'aide à montrer à d'autres comment gagner en liberté grâce au trading.
Je ne crois pas qu'occuper un emploi que l'on déteste soit une façon satisfaisante de vivre. Il y a tant de choses à voir et à vivre dans le monde. Le trading, lorsqu'il est bien fait, est un bon moyen d'y parvenir !
Et bien sûr, je veux continuer à voyager !
Je ne suis pas du genre à avoir beaucoup de regrets. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce aux difficultés et aux échecs que j'ai connus. Sans cela, il est vraiment difficile d'avancer dans la vie. En tant qu'êtres humains, nous ne pouvons pas tout réussir, et une partie de notre travail consiste à trouver notre propre voie vers ce qui nous rend heureux.
Beaucoup de gens ne vivent pas la vie qu'ils désirent, et ce n'est généralement pas par manque de connaissances. En 2020, et depuis de nombreuses années déjà, nous avons énormément de connaissances à portée de main.
Je pense que beaucoup de traders en herbe motivés manquent simplement de soutien et d'expérience du marché. Je veux être là pour combler ce fossé et les aider à atteindre, grâce au trading, le style de vie qu'ils souhaitent vraiment.
Avec le recul, j'ai probablement franchi le pas trop tôt. Juste après avoir terminé l'université, en 2017, j'ai commencé à voyager et à trader. J'avais mis pas mal d'argent de côté grâce à mes emplois et stages précédents. Mon trading était solide à l'époque, mais je n'avais pas anticipé ce que représentait vraiment le saut vers le trading à plein temps.
Quelques mois plus tard, j'ai subi une baisse d'environ 10 % qui a duré près de trois mois. J'ai fini par rentrer chez moi, au Canada, pour quelques mois, afin de reconstituer ma trésorerie. Puis je suis reparti en voyage, avec un trading plus solide.
J'aimerais beaucoup obtenir une licence de pilote d'avion dans les prochaines années. Les avions me fascinent vraiment.
Et j'apprends toujours de nouvelles choses dans différents domaines. Je pense qu'il est important de poursuivre ce qui nous intéresse, même s'il n'y a pas d'argent en jeu. Il s'agit de créer un style de vie qui nous enthousiasme chaque jour.
Depuis cette interview, Etienne Crete a poursuivi le développement de Desire To Trade, qui est devenu l'un des médias anglophones les plus suivis sur le trading forex :
Le trading financé répond directement à la difficulté décrite à la question 6 : accéder à un capital important sans risquer ses propres économies. Des sociétés comme FTMO, FundedNext ou The 5%ers proposent ce type de programme. Les frais d'évaluation restent toutefois perdus en cas d'échec, ce qui arrive à la majorité des candidats.
Notre avis sur ses formations : le podcast et les vidéos sont gratuits et de bonne tenue. Les formations payantes de la Desire To Trade Academy reçoivent en revanche des avis partagés sur les sites d'avis spécialisés. Avant tout achat, écoutez le contenu gratuit et testez la méthode sur un compte démo.
L'interview contient cinq habitudes concrètes, applicables quel que soit votre niveau.
Notez chaque jour ce qui s'est bien passé, ce qui n'a pas marché et ce que vous pouvez améliorer. L'objectif est de progresser de 1 % à la fois.
Rejoignez des rencontres de traders et contactez régulièrement des traders que vous admirez. Etienne Crete envoyait cinq courriels par semaine à cinq traders.
Tradez à heures fixes avec un plan écrit, et non quand l'envie vous prend. Jugez vos résultats sur une série de trades plutôt que sur chaque perte.
Habituez-vous par paliers à des montants plus élevés : le même pourcentage de perte pèse bien plus lourd psychologiquement sur un gros compte.
Prévoyez plusieurs mois de dépenses d'avance et un plan de repli : même un trader régulier traverse des phases de pertes de plusieurs mois.
Le mode de vie d'Etienne Crete fait rêver, mais son propre témoignage en montre aussi les contraintes.
Dans cette vidéo en anglais, Etienne Crete montre son quotidien de trader nomade à Bangkok.
Le parcours d'Etienne Crete tranche avec les promesses habituelles du « trading et voyage » : quatre ans de tâtonnements avant de trouver son style, un passage à plein temps qu'il juge prématuré, un retour forcé au Canada. Ce qui l'a fait progresser n'est pas une stratégie miracle, mais un journal quotidien, un entourage de traders plus avancés et une discipline d'entrepreneur.
Si son mode de vie vous attire, retenez surtout l'ordre des étapes : se former, prouver sa régularité sur la durée, constituer une réserve, et seulement ensuite envisager de vivre du trading. Pour replacer ce témoignage dans son contexte, consultez notre page sur le métier de trader.
Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.