traders-forex.fr

Vivre du trading : le parcours et les conseils de Jonathan Morgan

Jonathan Morgan, trader

Mis à jour le 13 septembre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr

Le trading est souvent associé, à tort ou à raison, à la promesse de gagner beaucoup d'argent. La réalité est plus nuancée : une minorité de traders parvient à en faire leur principale source de revenus et à en vivre, mois après mois, en dégageant des profits suffisamment réguliers pour couvrir leurs dépenses courantes.

Jonathan Morgan fait partie de ces rares traders qui vivent uniquement des bénéfices tirés des marchés. Cet habitant du Michigan, aux États-Unis, subvient aux besoins de sa famille et a même pu offrir une voiture à sa femme grâce à ses gains. Son histoire est instructive, non parce qu'il serait devenu multimillionnaire, mais parce qu'il a su durer là où beaucoup échouent. Cet article réunit son parcours, ses techniques et surtout ses conseils pour gérer la dimension la plus sous-estimée du métier : la psychologie et la douleur des pertes.

Que signifie vraiment vivre du trading ?

Jonathan Morgan est trader à plein temps à Grand Rapids, dans le Michigan. Il a suivi une formation en musique à l'Université du Dakota du Sud entre 2001 et 2005, un profil qui rappelle qu'aucun diplôme précis ne prédestine au trading.

Depuis 2014, il exerce activement comme day trader chez Shield Wall Trading, LLC. Il a également été spécialiste du forex chez Exchange Rates UK (2018-2022) et journaliste chez FXStreet Spain (2020-2022). Il rédige aussi du contenu pour Stocktwits, une plateforme sociale dédiée au trading, et ses articles sur le forex, les actions, les crypto-monnaies et les contrats à terme comptent parmi les plus consultés sur Quora.

En tant que trader, Morgan reconnaît que ses revenus suffisent à couvrir ses besoins quotidiens, sans plus. Il a un jour résumé ses gains par une formule modeste : à peine « le salaire minimum d'un manager ». Autrement dit, un revenu correct et surtout régulier, loin des fantasmes de richesse instantanée véhiculés par les réseaux sociaux.

Ce montant paraîtrait insuffisant à un trader institutionnel, mais il permet à Morgan de rembourser son prêt immobilier, de financer les mensualités de sa Toyota Tundra et d'offrir une Audi à sa femme. Pour lui, l'essentiel n'est pas le montant : c'est la régularité et la sérénité avec lesquelles il y parvient.

Avantages
  • Liberté d'organisation et absence de hiérarchie
  • Revenus potentiellement réguliers une fois la méthode maîtrisée
  • Métier exerçable de n'importe où, avec peu de matériel
  • Progression fondée sur ses propres compétences
Inconvénients
  • Revenus irréguliers et jamais garantis
  • Charge psychologique et stress élevés
  • Isolement et absence de filet de sécurité social
  • Longue courbe d'apprentissage, ponctuée de pertes

Le rôle décisif du soutien familial

Avant d'en arriver là, la vie de Morgan n'a pas toujours été facile. Beaucoup de traders qui cherchent à vivre des marchés traversent de fortes turbulences : sautes d'humeur, émotivité exacerbée, crises d'angoisse et autres troubles psychologiques. La cause est souvent la même : certains prennent le risque d'emprunter, de vendre leur maison ou d'engager leurs économies pour se constituer un capital de trading.

Dès que le marché se retourne, l'ombre de la dette les hante et provoque des ruptures psychologiques. Jonathan Morgan a choisi l'approche inverse : il évite les fonds empruntés et ne trade qu'avec un capital qu'il peut se permettre d'immobiliser. Résultat, il n'a jamais subi la pression financière écrasante qui brise tant de traders.

Autre écueil bien connu : le trading peut dévorer la vie personnelle. Même sans argent emprunté, l'intensité émotionnelle du métier conduit certains à perdre leur couple, leurs enfants, leur famille, voire leur équilibre mental. Morgan fait figure d'exception : il a conservé une relation solide avec sa femme et sa famille, et reste mentalement stable. Sa femme est même devenue sa conseillère.

Malgré les jeux psychologiques extrêmes du marché, elle n'a jamais cédé à la panique ni à la peur. Le fait qu'elle exerce elle-même un emploi apporte un filet de sécurité au foyer lorsque le marché va à l'encontre des analyses de Morgan. Même après avoir vu son mari brûler d'importantes sommes sur deux comptes, elle a continué à le soutenir, convaincue qu'il était doué et qu'il ne lui manquait que de la pratique. Ce soutien est un facteur de réussite trop souvent négligé.

Les techniques de trading de Jonathan Morgan

La méthode de Jonathan Morgan n'a rien de révolutionnaire. Sa force est ailleurs : il connaît parfaitement le système et les indicateurs qui lui conviennent, et il s'y tient. Voici les grandes lignes de son approche :

  • Le trading Gann : structures de prix, niveaux et surtout timing. Morgan insiste sur le fait que le moment d'entrée est déterminant.
  • Le système Ichimoku Kinko Hyo : il attribue à cette méthode le redressement de deux comptes de plusieurs centaines de milliers de dollars qu'il avait perdus. On peut l'étudier dans les ouvrages de David Linton, Manesh Patel, Nicole Elliott et Karen Péloille.
  • Les indicateurs RSI et Composite Index uniquement, popularisés par Constance Brown, créatrice du Composite Index. Morgan considère Brown comme une référence pour la régularité de ses résultats.
  • Des unités de temps supérieures à 5 minutes : il évite le 5 minutes, le 1 minute et les Tick Charts, sources de bruit et de surtrading.
  • Des graphiques Renko ou Point & Figure plutôt que des chandeliers classiques en très court terme, pour filtrer le bruit du marché.

La leçon à retenir n'est pas de copier ces outils, mais d'adopter la même discipline : maîtriser un nombre restreint d'indicateurs et rester cohérent, plutôt que de multiplier les méthodes.

Gérer la douleur d'une perte : le vrai défi

Au-delà des techniques, Jonathan Morgan partage une conviction forgée par l'expérience : le plus grand défi du trader n'est pas d'analyser un graphique, mais de gérer ses réactions émotionnelles face à la perte. C'est un sujet dont on parle rarement, et pourtant décisif.

« L'un de nos plus grands mécanismes de défense est notre plus grand ennemi. »

La perte est une expérience que nous apprenons à redouter dès l'enfance. Des réactions inconscientes, ancrées très tôt, font partie de nous sans que nous en ayons conscience. Face à une situation que l'esprit perçoit comme une menace, le cerveau bascule d'une pensée logique et maîtrisée vers sa partie limbique, celle de la lutte ou de la fuite. En trading, ce réflexe de survie devient un piège.

Si vous avez déjà entamé un travail sur vous-même ou suivi une thérapie, vous avez une longueur d'avance. Se connaître — connaître ses peurs, ses insécurités, ses angoisses et la perception que l'on a de soi — est capital. On peut avoir un QI hors norme : si l'intelligence émotionnelle est absente, l'échec est presque assuré. Reconnaître ses réactions est la partie facile ; le plus dur est de saisir ce qui se joue entre l'événement déclencheur et la réaction. C'est là que se logent les pensées et les émotions à observer.

Le trading, à contre-courant de la nature humaine

À bien y réfléchir, le trading n'a rien de naturel. Pour réussir, il faut accepter volontairement des situations porteuses de douleur, de stress et de perte. Il faut risquer ce qui nous permet de nous loger, de nous nourrir et de nous habiller : notre argent. Et c'est la partie normale du métier. Le trader est en compétition avec les forces les plus puissantes de son propre corps — l'inconscient et le subconscient. Il se bat, littéralement, contre lui-même. C'est souvent lui qui se met en échec.

Comment arrêter cette force invisible qui cherche à nous protéger au prix, parfois, d'un désastre financier ? On ne le peut pas — et il est essentiel de le comprendre. En réalité, on ne le souhaite même pas. Savoir que l'on n'a aucun contrôle sur quelque chose est souvent un soulagement. Le jour où l'on admet ne pas maîtriser des années de mécanismes de défense internes, ceux-ci cessent d'être un démon intérieur pour devenir, au pire, un monstre effrayant mais gérable.

Accueillir ses émotions plutôt que les combattre

Si l'on ne peut pas se vaincre soi-même, que faire ? Apprendre à être conscient. Souvent, le simple fait de prendre conscience de ce que l'on pense et ressent suffit à empêcher nos réactions de nuire à notre trading. Attention : il ne s'agit pas seulement de nommer une émotion (« j'ai peur, voilà, je le sais »). Cela ne suffit pas.

La compétence à développer est, comme le trading, à l'opposé de nos habitudes : il faut se laisser traverser par ces pensées, ces sentiments et ces émotions. Ne pas se contenter de les ressentir, mais les laisser venir pleinement, et réaliser à quel point on a développé, sans le savoir, des mécanismes puissants pour éviter et gérer la douleur de la perte. Ce n'est ni facile ni confortable, et beaucoup négligent cet outil d'apprentissage.

Faire face à la peur et à l'anxiété

Prenons une situation que tout trader connaît. Vous avez longuement analysé un graphique : le mensuel, l'hebdomadaire, le quotidien, puis l'horaire. Vous avez repéré les supports et résistances historiques, jugé qu'une position acheteuse offrait la meilleure probabilité, et attendu la configuration. Le moment venu, vous entrez en position. Et vous surveillez.

Pendant que vous surveillez, l'agitation monte. Vous rongez-vous les ongles ? Vos genoux tremblent-ils ? Buvez-vous café sur café ? Faites-vous les cent pas en espérant que tout ira mieux à votre retour devant l'écran ? Et là, c'est l'inverse de votre scénario qui se produit. C'est précisément à cet instant qu'il faut s'arrêter et laisser ces émotions monter.

Laissez-les venir, mais ne réagissez pas dans la précipitation. Sortir d'un trade avant l'atteinte de votre stop ou de votre objectif n'est souvent qu'un moyen de fuir un inconfort passager. Ne cédez pas le contrôle à ces émotions : donnez-leur simplement de l'espace. Quelques compétences issues de la pleine conscience aident dans ces moments :

  • Prenez quelques minutes pour observer votre respiration, le va-et-vient du ventre et du diaphragme.
  • Portez attention à ce que vous faites pendant que vous le faites, et reconnectez-vous à vos sens (couleur, texture, goût des aliments, par exemple).
  • Ne cherchez pas à être constamment occupé. Accordez-vous des moments où vous ne faites rien ; quand l'esprit s'emballe, ramenez-le doucement à la respiration.
  • Reconnaissez qu'une pensée n'est qu'une pensée : vous n'êtes pas obligé d'y croire ni d'y réagir.
  • Repérez les moments où vous « décrochez » (au volant, en consultant vos e-mails, en surfant sur Internet…) et entraînez-vous à y être plus présent.
  • Observez comment vos pensées vous jugent et vous culpabilisent, souvent à tort.

Avec la pratique, vous remarquerez vos réactions de plus en plus tôt, au point de sentir venir une réaction tout en sachant que vous ne pouvez pas l'empêcher. C'est déroutant au début, puis étrangement libérateur.

Hygiène de vie : le socle d'un trader durable

Il existe d'autres leviers pour atténuer les réactions émotionnelles fortes. Puisqu'il s'agit de notre argent, il est difficile d'en gagner sans traverser, de temps en temps, des moments de crise. Mais si vous êtes en permanence en train de paniquer pour votre compte, vous devez enrayer ce cycle. Trois gestes immédiats : réduire la taille de vos positions, passer sur une unité de temps plus longue, ou tout simplement faire une pause.

Faire une pause est essentiel. Beaucoup de traders, surtout les débutants, abordent ce métier comme un jeu vidéo auquel ils joueraient toute la journée. Instaurez des horaires de sommeil réguliers. Et faites de l'exercice — ce n'est pas une plaisanterie : on se sent nettement mieux après une bonne séance, aussi bien physiquement qu'émotionnellement. Un bureau debout peut aussi aider.

L'activité physique va de pair avec une bonne alimentation. Le cerveau consomme environ 20 % de vos calories au repos, et le trading le sollicite intensément : le sucre et la caféine ne suffisent pas. Ce dont vous avez besoin, c'est d'une alimentation équilibrée qui préserve votre santé intestinale et cérébrale. Ceux qui sont passés d'une mauvaise à une bonne hygiène alimentaire savent à quel point la différence se ressent.

Ne restez jamais seul : parlez-en, tenez un journal

Autre élément vital : parlez à quelqu'un. Le trading est un chemin bien trop difficile pour l'entreprendre seul. Trouvez un proche, votre conjoint, un mentor, un thérapeute ou un ami — quelqu'un qui écoutera vos frustrations. Il n'a même pas besoin de comprendre les marchés : le simple fait de verbaliser vos décisions vous aidera à y voir clair, et vous vous sentirez mieux.

Enfin, tenez un journal de trading. C'est un outil puissant. En analysant vos performances passées et vos états émotionnels, vous verrez combien de fois vous vous êtes écarté de votre plan ou avez tradé sous le coup de l'émotion. Ce recul change durablement votre comportement sur le marché.

Comment gérer une perte, étape par étape

Pour résumer la méthode de Jonathan Morgan, voici cinq étapes concrètes à suivre après une perte importante ou une série de pertes :

1
Accepter ce que vous ne contrôlez pas

Vous ne pouvez pas effacer des années de réflexes de défense face à la douleur et à la perte. Cesser de les combattre les rend déjà moins envahissants.

2
Observer ses émotions sans réagir

Laissez venir vos pensées et vos émotions au lieu de les fuir. Prenez-en conscience, sans chercher à les modifier ni à sortir précipitamment d'une position.

3
Réduire son exposition

Diminuez la taille de vos positions, allongez votre unité de temps et revenez progressivement sur le marché plutôt que de reprendre pleinement du risque.

4
Faire une pause

Éloignez-vous des écrans, prenez des vacances si nécessaire. Le trading est une carrière, pas votre vie entière.

5
En parler et tenir un journal

Confiez vos frustrations à un proche, un mentor ou un thérapeute, et consignez vos décisions et vos émotions dans un journal de trading pour repérer vos schémas récurrents.

Conclusion

Le parcours de Jonathan Morgan nous enseigne que vivre du trading n'a rien d'un processus rapide et facile. C'est un chemin long, souvent frustrant, jalonné de pertes et de revers, jusqu'à ce que l'on découvre enfin le système qui nous correspond. La technique compte, mais la maîtrise de soi compte davantage : il faut garder la tête froide quand le marché devient volatil, entretenir une bonne santé mentale et physique, et savoir s'entourer. Le soutien de la famille et des proches, comme celui qu'a reçu Morgan de sa femme, est inestimable. Avant de chercher à battre le marché, apprenez d'abord à ne pas vous battre contre vous-même.

FAQ - Questions fréquentes

Peut-on vraiment vivre du trading ? ▾
Oui, mais cela reste rare et demande des années de pratique. Comme le montre le parcours de Jonathan Morgan, vivre du trading suppose des profits réguliers, une gestion stricte du risque, un capital que l'on peut se permettre d'immobiliser et une solide stabilité psychologique. Ce n'est ni rapide ni garanti.
Combien gagne un trader qui vit du trading ? ▾
Les revenus varient énormément et ne sont jamais garantis. Jonathan Morgan décrit des gains suffisants pour couvrir ses dépenses courantes, sans fortune spectaculaire. Beaucoup de traders particuliers ne parviennent pas à en vivre : l'objectif prioritaire reste de ne pas perdre son capital.
Quelles techniques utilise Jonathan Morgan ? ▾
Il s'appuie sur le trading Gann (structures de prix et timing), le système Ichimoku Kinko Hyo, les indicateurs RSI et Composite Index popularisés par Constance Brown, des unités de temps supérieures à 5 minutes, et des graphiques Renko ou Point & Figure plutôt que des chandeliers classiques en très court terme.
Comment gérer ses émotions et le stress en trading ? ▾
Selon Morgan, il faut accueillir ses émotions au lieu de les fuir, prendre conscience de ses réactions, réduire la taille de ses positions en cas de crise, faire des pauses, entretenir une bonne hygiène de vie et parler à quelqu'un. Un journal de trading aide à repérer les décisions prises sous le coup de l'émotion.
Pourquoi les pertes sont-elles si difficiles à vivre pour un trader ? ▾
Parce que le cerveau perçoit la perte d'argent comme une menace et bascule en mode « lutte ou fuite ». Nos mécanismes de défense inconscients, utiles dans la vie, deviennent nuisibles en trading car ils poussent à des décisions impulsives. Prendre conscience de ce mécanisme est la première étape pour ne plus le subir.
Faut-il se fixer des objectifs de gains quotidiens ? ▾
Non, d'après Jonathan Morgan. Un objectif quotidien crée une pression contre-productive. Certains jours rapportent peu, d'autres beaucoup : l'important est de capter le maximum de profit quand l'opportunité est là, tout en gardant pour priorité absolue la préservation du capital.

🇪🇸  🇫🇷