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Michael Burry : l'histoire du trader qui a prédit la crise de 2008 et parie contre l'IA

Michael Burry, l'investisseur du Big Short

Mis à jour le 02 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr

Michael Burry est l'investisseur américain qui a vu venir l'effondrement du marché immobilier américain et parié contre les crédits subprime avant la crise financière de 2008. Ce pari lui a rapporté environ 100 millions de dollars à titre personnel et plus de 700 millions à ses clients, et a fait de lui le personnage central du livre puis du film The Big Short.

Près de vingt ans plus tard, il fait de nouveau la une. Il a fermé son fonds fin 2025, lancé une newsletter suivie par plus de 300 000 abonnés et pris position contre les grandes valeurs de l'intelligence artificielle. Voici son histoire complète, sa méthode et ce qu'un trader particulier peut en retenir.

Qui est Michael Burry ?

  • Naissance : 19 juin 1971 à San José (Californie).
  • Formation : économie et pré-médecine à UCLA, doctorat de médecine à l'université Vanderbilt.
  • Fonds : Scion Capital (2000-2008), puis Scion Asset Management (2013-2025).
  • Fait d'armes : pari contre les subprimes, environ 489 % de rendement net pour Scion Capital entre novembre 2000 et juin 2008.
  • Aujourd'hui : gère son propre capital et publie la newsletter Cassandra Unchained sur Substack.
  • Fortune : non vérifiable, estimée entre 200 et 350 millions de dollars.

De la médecine à la Bourse

Michael Burry ne se destinait pas à la finance. À deux ans, un rétinoblastome (un cancer de l'œil) lui fait perdre l'œil gauche, remplacé par une prothèse. Il a raconté plus tard que ce handicap l'avait tenu à l'écart des autres enfants et poussé vers les activités solitaires, dont la lecture et l'analyse.

Après le lycée Santa Teresa de San José, il étudie l'économie et suit le cursus de pré-médecine à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), puis obtient son doctorat de médecine à l'université Vanderbilt. Il entame ensuite un internat en neurologie à l'hôpital de Stanford, qu'il ne terminera pas.

Car une autre activité occupe ses nuits. À partir de 1996, il publie ses analyses d'actions sur des forums d'investisseurs, puis sur son propre site. Ses choix de valeurs sous-évaluées sont assez bons pour attirer l'attention de professionnels, dont le gérant Joel Greenblatt, qui deviendra l'un de ses premiers investisseurs. En pleine bulle Internet, alors qu'il vit au cœur de la Silicon Valley, Burry quitte la médecine.

Scion Capital et l'investissement « value »

En novembre 2000, il fonde le fonds spéculatif Scion Capital avec un héritage et des prêts de sa famille. Sa méthode est celle de l'investissement dans la valeur héritée de Benjamin Graham : acheter des entreprises délaissées à un prix nettement inférieur à leur valeur, avec une marge de sécurité.

Les résultats sont immédiats, alors même que la bulle Internet éclate :

AnnéeScion CapitalS&P 500
2001+55 %-11,88 %
2002+16 %-22,1 %
2003+50 %+28,69 %

Fin 2004, Scion Capital gère environ 600 millions de dollars et Burry refuse de nouveaux clients.

Le Big Short : le pari contre les subprimes

À partir de 2005, Burry se penche sur le marché des prêts hypothécaires américains. Il lit un à un les prospectus des obligations adossées à ces prêts et constate que les critères d'octroi se dégradent : prêts sans justificatif de revenus, taux d'appel très bas pendant deux ans puis forte hausse des mensualités. Il en déduit que les défauts vont bondir lorsque ces taux seront révisés, à partir de 2007.

Il n'existe alors aucun moyen simple de vendre ces obligations à découvert. Burry convainc donc plusieurs banques d'affaires, dont Goldman Sachs, de lui vendre des credit default swaps (CDS), des contrats d'assurance qui paient si les obligations font défaut. Le risque est connu d'avance : il paie des primes tant que le marché tient, et encaisse si le marché casse.

Pendant près de deux ans, le marché tient. Scion paie les primes, affiche des pertes et une partie des investisseurs se rebelle et réclame son argent. Burry bloque les retraits sur cette position, ce qui lui vaut des menaces de procès. En 2007, les défauts explosent et la valeur des CDS s'envole.

Le bilan : environ 100 millions de dollars de gain personnel, plus de 700 millions pour ses investisseurs, et un rendement net d'environ 489 % pour Scion Capital entre novembre 2000 et juin 2008, quand le S&P 500 gagnait moins de 3 % dividendes compris. Usé par le conflit avec ses clients, Burry ferme Scion Capital en 2008.

Carrière de Michael Burry

Après 2008 : Scion Asset Management

Burry gère d'abord sa fortune personnelle, en investissant notamment dans l'eau, les terres agricoles et l'or. En 2013, il rouvre un fonds sous le nom de Scion Asset Management.

Ses positions sont désormais scrutées chaque trimestre. En 2019, il achète des actions GameStop et pousse la direction à racheter ses titres ; il revend fin 2020, juste avant l'envolée de janvier 2021. Il multiplie ensuite les mises en garde sur Tesla, les cryptomonnaies et les actions « mèmes ».

Toutes ne se vérifient pas. Début 2023, il publie un simple « Sell » sur X avant de reconnaître quelques semaines plus tard qu'il avait eu tort. Cet épisode résume le revers de sa réputation : Burry annonce beaucoup de krachs, et le marché lui donne tort plus souvent qu'on ne le croit.

2025-2026 : Cassandra Unchained et le pari contre l'IA

En novembre 2025, Burry met fin à Scion Asset Management : l'enregistrement du fonds auprès de la SEC est clos le 10 novembre et les capitaux extérieurs sont rendus. Le dernier relevé trimestriel du fonds révèle des options de vente sur Nvidia et Palantir. La presse évoque un pari de plus d'un milliard de dollars, mais il s'agit du montant notionnel : Burry a précisé que ses options Palantir lui avaient coûté environ 9,2 millions de dollars de primes.

Le 23 novembre 2025, il lance Cassandra Unchained sur Substack, une newsletter facturée 39 dollars par mois ou 379 dollars par an, qu'il présente comme sa seule activité professionnelle. Elle dépasse les 300 000 abonnés (gratuits compris) à l'été 2026.

Sa thèse tient en trois points :

  • Un parallèle avec 2000 : il compare Nvidia à Cisco, pilier de la bulle Internet dont l'action avait ensuite perdu près de 80 %.
  • Des bénéfices embellis : selon lui, les géants du cloud allongent la durée d'amortissement de leurs puces et serveurs, ce qui sous-estimerait leurs charges d'environ 176 milliards de dollars entre 2026 et 2028.
  • Des engagements trop lourds : les dépenses promises dans l'IA dépasseraient ce que les revenus pourront financer, avec des dépréciations d'actifs qu'il situe vers 2028-2029.

Les principales étapes de 2026 :

DateÉvénement
Janvier 2026Burry indique racheter des actions GameStop, sans miser sur un retour de la folie des actions « mèmes ».
Mai 2026Il estime que le marché ressemble aux derniers mois de la bulle de 1999-2000.
Août 2026Il vend Nebius à découvert, renforce ses positions contre Nvidia et Palantir (qu'il juge valoir moins de 1 dollar à long terme) et achète Molina Healthcare. Les cours montent contre lui.
9 septembre 2026Il réduit le risque sur l'ensemble du portefeuille et sort de ses options de vente Nvidia et Palantir d'échéance décembre 2026 sans les renouveler.
28 septembre 2026Il remplace ses ventes à découvert par des options de vente à échéance juin, notamment sur Micron, estimant que la bulle de l'IA pourrait éclater plus tôt que prévu.
29 septembre 2026Il souhaite publiquement une forte baisse des marchés avant les introductions en Bourse d'OpenAI et d'Anthropic.

À garder en tête : fin septembre 2026, le Nasdaq évoluait encore sur des records et les positions baissières de Burry étaient globalement perdantes. Sa thèse n'est ni confirmée ni invalidée. Copier ses positions revient à prendre un risque qu'il a lui-même décidé de réduire.

La méthode Burry : éviter le risque plutôt que le chercher

Burry n'est pas un spéculateur compulsif ni un vendeur à découvert par nature. C'est un investisseur « value » qui passe l'essentiel de son temps à chercher des actions bon marché. Ses grands paris baissiers sont rares et construits de la même façon : une perte plafonnée dès le départ et un gain potentiel très supérieur.

Il attribue sa capacité à s'écarter du consensus à son tempérament. Après le diagnostic de son fils, il a dit se reconnaître dans le syndrome d'Asperger : goût pour le détail, concentration prolongée sur des documents que personne ne lit, indifférence à l'opinion de la majorité. Cela rejoint la maxime de Warren Buffett, qui conseille d'être craintif quand les autres sont avides et avide quand les autres sont craintifs.

Points forts
  • Analyse fondée sur les documents sources et non sur les commentaires
  • Perte maximale connue avant d'entrer en position
  • Indépendance totale vis-à-vis du consensus
  • Gains très élevés quand le scénario se réalise
Limites
  • Souvent en avance de plusieurs années sur le marché
  • Les primes payées s'accumulent tant que le marché monte
  • De nombreuses alertes ne se sont jamais vérifiées
  • Demande un temps d'analyse hors de portée de la plupart des particuliers

Appliquer la méthode de Michael Burry en 5 étapes

Personne ne reproduira le pari de 2005 depuis un compte de trading particulier, mais les principes qui l'ont rendu possible s'appliquent à n'importe quel marché.

1
Lire les documents sources

Travaillez à partir des rapports annuels, des comptes et des prospectus plutôt que des résumés et des commentaires. C'est en lisant les prospectus des obligations hypothécaires, prêt par prêt, que Burry a repéré la dégradation des crédits subprime.

2
Exiger une marge de sécurité

N'achetez que lorsque le prix est nettement inférieur à votre estimation de la valeur. Cette marge absorbe les erreurs d'analyse et limite la perte si le scénario ne se réalise pas.

3
Tester le consensus

Quand tout le marché tient une hypothèse pour acquise, vérifiez sur quoi elle repose. Une idée à contre-courant ne vaut que si elle s'appuie sur des chiffres vérifiables.

4
Plafonner la perte avant d'entrer

Définissez la perte maximale et la taille de la position avant d'ouvrir le trade. Burry privilégie des instruments où la perte est limitée à la prime payée, comme les CDS en 2005 ou les options de vente aujourd'hui.

5
Prévoir d'avoir raison trop tôt

Une bonne analyse peut mettre des années à se vérifier. Gardez une taille de position que vous pouvez porter longtemps et entraînez-vous d'abord sur un compte de démonstration.

The Big Short : le livre et le film

L'histoire de Burry est racontée par le journaliste Michael Lewis dans The Big Short (2010), paru en français sous le titre Le Casse du siècle. Le livre suit plusieurs investisseurs qui ont parié contre le marché immobilier, Burry étant le premier d'entre eux.

Adam McKay en tire en 2015 le film The Big Short : Le Casse du siècle, où Christian Bale interprète Burry. Le film reçoit cinq nominations aux Oscars, dont celle du meilleur film, et remporte l'Oscar du meilleur scénario adapté. Il est aussi nommé aux Golden Globes.

FAQ - Questions fréquentes

Qui est Michael Burry ? ▾
Michael Burry est un investisseur américain né le 19 juin 1971 à San José, en Californie. Médecin de formation, il a fondé le fonds Scion Capital en 2000 et s'est fait connaître en pariant contre le marché des crédits subprime avant la crise de 2008. Son histoire est racontée dans le livre et le film The Big Short.
Combien Michael Burry a-t-il gagné pendant la crise de 2008 ? ▾
Son pari contre les subprimes lui a rapporté environ 100 millions de dollars à titre personnel et plus de 700 millions de dollars à ses investisseurs. Entre novembre 2000 et juin 2008, Scion Capital a affiché un rendement net d'environ 489 %.
Quelle est la fortune de Michael Burry en 2026 ? ▾
Sa fortune n'est pas vérifiable publiquement et il ne figure pas dans les classements Forbes ou Bloomberg. Les estimations qui circulent vont de 200 à 350 millions de dollars, le chiffre de 300 millions étant le plus souvent cité.
Michael Burry gère-t-il encore un fonds ? ▾
Non. Il a désenregistré Scion Asset Management auprès de la SEC en novembre 2025 et rendu les capitaux extérieurs. Il gère depuis uniquement son propre argent et publie ses analyses dans sa newsletter Cassandra Unchained.
Qu'est-ce que Cassandra Unchained ? ▾
C'est la newsletter que Michael Burry publie sur Substack depuis le 23 novembre 2025. Elle coûte 39 dollars par mois ou 379 dollars par an, avec une formule gratuite, et a dépassé les 300 000 abonnés à l'été 2026. Le nom renvoie à Cassandre, dont les prophéties exactes n'étaient jamais crues.
Pourquoi Michael Burry parie-t-il contre l'intelligence artificielle ? ▾
Il estime que les valorisations du secteur rappellent la bulle Internet de 1999-2000. Il reproche aux grands groupes du cloud d'allonger la durée d'amortissement de leurs puces et serveurs, ce qui gonfle leurs bénéfices, et juge que leurs engagements de dépenses dans l'IA sont trop lourds par rapport aux revenus attendus.
Michael Burry a-t-il toujours raison ? ▾
Non. Plusieurs de ses alertes ne se sont pas vérifiées ou sont arrivées trop tôt : en 2023, il a lui-même reconnu s'être trompé après avoir écrit Sell sur X, et en 2026 les marchés ont longtemps évolué contre ses positions baissières sur l'IA.
Quel acteur joue Michael Burry dans The Big Short ? ▾
Christian Bale interprète Michael Burry dans le film The Big Short : Le Casse du siècle, réalisé par Adam McKay et sorti en 2015. Le rôle lui a valu une nomination à l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.

Conclusion

Michael Burry reste l'exemple le plus connu d'un investisseur qui a eu raison seul contre tous, et qui a tenu sa position pendant deux ans de pertes avant d'être payé. Son parcours montre aussi l'autre face de cette indépendance : beaucoup d'alertes sans suite, et en 2026 un pari contre l'IA que le marché n'a pas encore validé.

Ce qu'il faut en retenir n'est pas la prochaine position à copier, mais la discipline : lire les sources, connaître sa perte maximale avant d'entrer et ne jamais miser plus que ce que l'on peut porter le temps d'avoir raison.

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