
Mis à jour le 02 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
C'est à la suite d'une discussion avec un collègue de travail que Tobi Reading a découvert le trading sur le Forex, en 2015. Un peu plus de trois ans plus tard, il quittait son emploi pour devenir trader à plein temps, après un parcours qu'il a documenté sans fard sur Instagram, où plus de 25 000 personnes le suivent.
Cette interview de Tobi Reading, réalisée fin 2018 juste avant son passage à plein temps, répond à 13 questions sur ses motivations, ses inspirations et sa méthode. Il y évoque ses nombreux hauts et bas, et explique comment un travail régulier l'a mené là où il est aujourd'hui.
Ce travail n'a pas seulement porté sur les graphiques : il a aussi concerné son état d'esprit, un aspect qui pénalisait son trading sans qu'il s'en rende compte. Ses réponses sont suivies d'une synthèse de sa routine et de ses conseils pour les traders débutants.
Personnellement, j'aime à penser que l'échec est à la fois mon meilleur et mon pire ami lorsqu'il s'agit des marchés. Tobi Reading
Tobi Reading est un trader forex britannique. Assistant comptable dans une grande entreprise, il découvre le marché des changes au milieu de l'année 2015 et s'y forme le soir, après le travail. Il a notamment été élève de Falcon Trading Guidance : invité du podcast « Becoming The Trader », il y raconte son passage d'un trading fondé sur les supports et résistances à la méthode enseignée par ce formateur.
Il se fait connaître sur Instagram (compte @tobi.forex) en publiant ses analyses, mais aussi ses pertes et ses erreurs, une transparence peu courante sur les réseaux sociaux. En janvier 2019, il devient trader à plein temps.
| Tobi Reading en bref | |
|---|---|
| Activité | Trader forex particulier, à plein temps depuis janvier 2019 |
| Ancien métier | Assistant comptable |
| Débuts en trading | Milieu de l'année 2015 |
| Fréquence | 6 à 8 trades par mois en moyenne |
| Livre de référence | « Trading in the Zone » de Mark Douglas |
| Audience | Plus de 25 000 abonnés sur Instagram |
L'entretien qui suit a été mené par Chris Johnston pour le magazine britannique TraderLife, dans la série « Trader Dozen ». Il est proposé ici en traduction française ; les chiffres et les dates cités sont ceux de l'époque.
Oui : c'était au milieu ou à la fin de 2015, je travaillais alors comme assistant comptable pour une grande entreprise. J'étais arrivé à un point de mon parcours professionnel où il fallait soit s'engager dans trois ou quatre ans d'examens de comptabilité, soit changer complètement de carrière et recommencer dans un autre domaine. Je manquais totalement de motivation et de direction. Je suppose que je me laissais dériver, en pilote automatique.
Le trading est entré dans ma vie de manière tout à fait fortuite, et il a rapidement tout mis sens dessus dessous. J'en ai entendu parler en discutant avec l'un des nouveaux intérimaires au travail, qui s'appelait Ali. C'était un type vraiment ambitieux et énergique, et nous avions l'habitude d'échanger pendant la journée sur nos objectifs et sur l'avenir. Au cours d'une de ces discussions, il a brièvement mentionné qu'il apprenait à trader le Forex et que je devrais m'y intéresser aussi. Pour faire court, c'est ce que j'ai fait, et trois ans plus tard, nous y voilà ! Ali et moi sommes restés en contact, et nous échangeons encore des idées de temps en temps.
Au début, je ne savais pas vraiment quoi penser du Forex, ni du trading en général. J'y voyais simplement un moyen potentiel de m'éloigner de mon travail de bureau et peut-être d'explorer d'autres options. Je le traitais comme un passe-temps et je n'en comprenais pas tout le potentiel. Mais au bout d'un moment, une fois que je m'y suis vraiment mis, j'ai développé une véritable passion. Le travail sur les graphiques, les essais et erreurs permanents, la progression personnelle… c'était très addictif, et j'ai retrouvé ce sentiment de direction qui me manquait depuis longtemps.
C'est au bout de six mois environ que j'ai compris que je devais prendre les choses plus au sérieux. J'ai commencé à chercher des mentors, à étudier et à lire autant de livres que possible. Je passais des heures devant les écrans chaque soir après le travail. Même au bureau, j'avais souvent mes graphiques ouverts pour apprendre le plus possible. C'est devenu une obsession. Je me souviens que mon sommeil a commencé à se dégrader à ce moment-là, et que je n'ai pas tardé à découvrir mon amour pour le café !
Donc, pour répondre à la question : je me suis lancé dans le trading simplement pour gagner de l'argent et m'éloigner de mon emploi. Mais si j'ai continué, c'est par amour du jeu, pour la direction et la motivation qu'il me donnait, et pour la liberté qu'il pouvait m'apporter.
Mon style de trading est très détendu. J'effectue en moyenne 6 à 8 trades par mois, ce qui signifie que je n'ai pas besoin de passer beaucoup de temps devant un écran pendant la journée. Je m'installe le soir à 22 heures et je prépare ma liste de surveillance pour le lendemain, en plaçant des ordres d'achat ou de vente si nécessaire. Je vérifie à nouveau mes graphiques à 6 heures du matin et, si j'attends une entrée en direct, je regarde une ou deux fois au cours de la journée. Je passe aussi pas mal de temps à revoir mes trades et à faire des backtests, mais on peut dire que ce sont là mes « horaires de base ».
Ce style convient parfaitement à mon mode de vie actuel, car je travaille encore quelques heures par jour et j'ai rarement besoin d'accéder à mes graphiques pendant ces heures. Je sais par expérience que trader au travail, en essayant de ne pas se faire prendre, est très stressant et intenable. Mon style actuel repose surtout sur des ordres en attente plutôt que sur des entrées en direct, ce qui m'évite aussi de guetter une entrée pendant que mon patron regarde par-dessus mon épaule !
J'ai quelques grandes sources de motivation. La principale, je suppose, est que j'aime tout le processus : chercher des configurations, exécuter des trades, les revoir, affiner la méthode et m'améliorer. J'aime aussi suivre mes progrès et constater l'effet de ce travail sur le résultat final, c'est vraiment motivant.
Un autre élément important est de penser à l'alternative. Je repense à la situation dans laquelle j'étais avant, celle que j'ai décrite à la première question. C'est un peu étrange, mais j'essaie parfois de retrouver délibérément ce sentiment anxieux de « manque de direction », puis de le comparer à ce que je ressens maintenant… Les obstacles auxquels je fais face paraissent alors souvent insignifiants.
Je me fixe également des objectifs et je me tiens responsable de leur réalisation, ce qui compte beaucoup. J'ai atteint un stade de ma vie où je crains davantage de me décevoir moi-même que de décevoir les autres. Je déteste devoir barrer un objectif qui n'a pas été atteint dans la journée.
Mais pour être transparent, je ne suis pas toujours motivé à 100 % sur le moment. Parfois, je n'ai vraiment pas envie de faire mes revues de trades ou de remplir mon journal de trading. C'est la vision d'ensemble qui me fait sortir du lit ou m'asseoir devant l'ordinateur. J'ai constaté par moi-même l'effet de la régularité. J'ai appris que, souvent, ce que l'on ressent à un instant donné n'a aucune importance. Il n'est pas réaliste d'espérer être motivé en permanence. Ce qui est plus puissant, c'est de reconnaître ce que l'on ressent, de penser à l'objectif, et de le faire quand même.
Ma première véritable percée en trading a probablement eu lieu en lisant « Trading in the Zone » de Mark Douglas. Pendant des mois, j'ai buté sur certains aspects du trading que je mettais sur le compte de ma stratégie et de mon analyse. En lisant ce livre, j'ai réalisé que beaucoup de mes problèmes venaient en fait de mon propre état d'esprit et de ma psychologie. Je me souviens presque du moment exact où j'ai compris. C'était la première fois que j'entendais quelqu'un parler de ces aspects du trading. Ce livre a profondément changé ma façon d'aborder les marchés, et c'est toujours le premier que je recommande aux nouveaux traders.
Dans ma vie en général, le plus grand déclic a été de comprendre le pouvoir de la gratitude : apprendre à apprécier tout ce que j'ai déjà. Pendant longtemps, j'ai fait dépendre mon bonheur de résultats précis : « Quand j'aurai atteint tel objectif, je serai heureux » ou « Quand j'en serai à tel stade de ma vie, je me sentirai tellement mieux ». En apprenant à être reconnaissant pour ce que j'ai maintenant, j'ai compris que je pouvais être heureux dans le présent tout en continuant à vouloir progresser. Cela a vraiment tout changé pour moi.
Je pense que nous savons tous que, si l'on veut devenir trader, l'échec fera partie intégrante du parcours. Personnellement, j'aime penser que l'échec est à la fois mon meilleur et mon pire ami sur les marchés. Pour moi, 2016 a consisté à passer d'échec en échec. J'ai parfois eu l'impression de reculer. Ce fut une période d'énormes revers et de rares petites percées, mais c'est sans aucun doute l'année qui m'a défini en tant que trader. Non pas parce que j'ai connu le succès, mais parce que je n'en ai eu aucun et que j'ai pourtant choisi de continuer. Je me suis prouvé à ce moment-là que j'étais là pour longtemps et que rien ne m'arrêterait.
L'échec fait simplement partie du processus pour devenir un trader régulier, et chacun en connaîtra tout au long de son parcours. L'important est de ne pas perdre la leçon. C'est un principe que j'applique en trading comme dans la vie. Il y a une citation que j'aime beaucoup : « Soit je gagne, soit j'apprends ». C'est, à mon avis, l'état d'esprit à adopter. Si j'ai pu traverser des échecs à répétition en 2016, c'est parce que j'avais appris à les voir comme des leçons, dont l'argent perdu n'était que le prix.
Je ne considère pas encore que j'ai réussi. Je poursuis mon propre chemin et je connais toujours les hauts et les bas que connaissent tous les traders. On peut dire que j'ai atteint un certain niveau de réussite en trading au cours de l'année écoulée, ce qui a été très gratifiant. Mais je l'attribue au travail constant que j'ai fourni et à la confiance que j'ai gardée en moi dans les périodes difficiles, celles où rien ne prouvait que je réussirais un jour. J'avais une vision de l'endroit où je voulais arriver et j'avais accepté que tout ce qui se trouvait entre les deux faisait partie du processus.
Est-ce que je pense avoir eu de la chance ? Oui, en fait. Mais peut-être pas au sens où la plupart des gens l'entendent. Je m'estime chanceux d'être en bonne santé et de pouvoir poursuivre mes objectifs, d'avoir une famille qui me soutient, etc. En revanche, je ne considère pas ma réussite sur les marchés comme de la chance. Sinon, je devrais me dire malchanceux de ne pas avoir réussi les premières années, ce qui n'est tout simplement pas vrai. Toute réussite régulière sur ce marché se mérite, la chance n'y est pour rien.
Je ne me considère pas non plus comme particulièrement brillant ou intelligent, et je ne pense pas que ces qualités soient indispensables pour réussir en tant que trader. Ce qui est nécessaire, comme vous l'avez dit, c'est un travail acharné et constant, le genre de travail que moins de 1 % des gens sont prêts à fournir sur une longue période. Je me souviens qu'à un moment, j'ai commencé à avoir de petites crises de panique en journée parce que je dormais trop peu la nuit. Je travaillais de longues heures le jour, et la nuit était le seul moment où je pouvais étudier mes graphiques… Je ne veux pas avoir l'air de m'en vanter, parce que ce n'était vraiment pas sain, mais cela donne une idée du travail que j'ai dû fournir et de ma détermination.
Je ne pense pas non plus que j'aurais traversé tous ces moments difficiles sans une véritable passion pour le trading. Je ne sais pas si j'aurais tenu si le trading était resté pour moi un simple moyen d'arriver à mes fins. D'autres ne seront peut-être pas d'accord, mais le fait d'aimer réellement le travail quotidien me permet de franchir les obstacles et de continuer à avancer.
La vérité, c'est que tout le monde peut décider de trader. Ce qui sépare les traders qui réussissent durablement de ceux qui échouent, c'est la volonté de s'engager sur le long terme et la décision que rien, littéralement, ne se mettra en travers de cet objectif.
C'est une question difficile, parce que ce qui me distingue des autres n'a pas vraiment d'importance à mes yeux, surtout en matière de trading. Cela peut paraître étrange, mais je reste concentré sur mes propres objectifs et, dans mon esprit, c'est vraiment moi contre moi. En trading, vous êtes sans aucun doute votre plus grand concurrent et souvent votre pire ennemi… Il faut simplement continuer à chercher à devenir une meilleure version de soi-même.
Ce sont trois situations très différentes, mais je vais essayer de les aborder toutes.
Ceux qui ont échoué : l'échec fait mal, mais il fait partie du voyage qui mène au bon chemin. On en a rarement l'impression sur le moment, mais il faut imaginer la version de soi qui a atteint l'objectif et s'en servir pour avancer. Décidez que c'est déjà fait et que tout ce qui se trouve entre les deux peut se résoudre. Et ne perdez pas la leçon de l'échec : étudiez-le en profondeur et faites-en un apprentissage. Plus vous le ferez, plus vous verrez l'échec sous un autre jour. Une fois que vous aurez pleinement accepté que les échecs vont et viennent et qu'ils vous enseignent quelque chose, plus rien ne pourra vous arrêter.
Ceux qui ont abandonné : tout dépend de la raison de l'abandon. Certaines personnes se lancent dans le trading pour des raisons qui ne sont pas assez fortes pour survivre aux creux de la vague, et elles n'y arriveront tout simplement jamais, parce que leur « pourquoi » ne suffit pas à leur donner envie de continuer. C'est brutal, mais c'est vrai. Ces traders sont d'ailleurs souvent éliminés dans les premiers mois, parce qu'ils ne recherchent qu'une gratification à court terme.
En revanche, si quelqu'un veut au fond de lui devenir trader mais trouve cela vraiment difficile, je lui dirais de s'accrocher. Je sais que les périodes difficiles peuvent sembler interminables et qu'on a l'impression de ne jamais pouvoir sortir la tête de l'eau… Je suis passé par là et c'est horrible. Mais si vous voulez faire ce que peu de gens réussissent, vous devez traverser ce que beaucoup refusent de traverser. C'est la lutte qui donne leur saveur aux succès, et je peux presque vous garantir qu'un jour vous repenserez à celui que vous étiez quand vous avez failli abandonner, et que vous mesurerez le chemin parcouru. C'est alors vous qui donnerez ce conseil aux autres.
Ceux qui ne se lancent jamais : je reçois énormément de messages d'aspirants traders qui m'expliquent qu'ils ne peuvent pas se lancer pour telle ou telle raison. Très souvent, c'est une question d'argent : ils n'ont que quelques centaines de livres et ne se voient pas réussir avec si peu. Je leur donne le conseil qu'un mentor m'a donné un jour : « Commencez là où vous êtes, avec ce que vous avez ». Il existe de nombreuses ressources gratuites et précieuses pour apprendre les bases du trading. Il y a aussi beaucoup de mauvaises informations, bien sûr. Étudiez ces bases dès maintenant et commencez à épargner sur votre salaire, pour alimenter votre compte une fois que vous aurez des fondations solides. Quand j'ai découvert le trading, j'ai passé quelques mois à étudier des documents et à regarder des vidéos, tout en économisant pour ouvrir mon premier compte.
Je crois beaucoup à la fixation d'objectifs et je la pratique depuis un moment. Je me fixe de grands objectifs annuels, que je découpe en trimestres, puis en mois, en semaines et enfin en objectifs quotidiens. Ce sont de petites tâches de tous les jours qui, additionnées, forment un tout. Comme je suis un excellent procrastinateur, c'est devenu indispensable pour que les choses se fassent.
Une méthode très utile consiste à construire ses objectifs à rebours. Je crois avoir entendu Gary Vee en parler. Vous écrivez où vous voulez en être dans cinq ou dix ans, dans tous les domaines de votre vie : affaires, santé, relations, etc. Puis, pour chacun, vous remontez jusqu'à votre situation actuelle en détaillant chaque étape nécessaire. On voit alors beaucoup plus clairement comment y parvenir, et l'on peut mettre en place des actions concrètes pour combler l'écart. J'ai trouvé l'exercice très amusant : je suis entré dans bien plus de détails que d'habitude, et certains de mes plus grands objectifs sont devenus beaucoup plus réels et atteignables.
Pour les objectifs de trading, je pense qu'il faut être plus prudent. Si vous vous fixez un objectif du type « gagner 500 £ par jour », vous risquez de prendre des décisions irréfléchies et de trader en dehors de votre plan pour atteindre ce montant. Nous savons tous que le marché n'offre pas des opportunités de façon régulière : il change tous les jours. Je ne recommande donc jamais ce genre d'objectif.
Je suggère plutôt des objectifs quotidiens comme « respecter mon plan de trading aujourd'hui » ou « backtester ma stratégie sur une paire de devises aujourd'hui ». Ils sont très bénéfiques à long terme, sans ajouter de pression inutile à votre trading au quotidien.
J'aurais certainement cherché un mentor plus tôt. Au début, j'ai passé beaucoup trop de temps à croire que je pouvais être « autodidacte ». Je le disais aux gens comme si c'était quelque chose de spécial. J'ai aussi pris beaucoup de mauvaises habitudes que j'aurais pu éviter avec un mentor.
Je ne me comparerais pas non plus autant aux autres. Je sais maintenant à quel point cela a freiné ma progression. Je me sentais tellement obligé de suivre les autres traders que cela me rendait parfois fou de me demander ce qu'ils faisaient de mieux que moi. J'avais toujours l'impression d'être à la traîne. Je crois que j'aurais beaucoup plus apprécié le début de mon parcours si je l'avais su.
Absolument, et un corps sain aide aussi à garder l'esprit clair. J'ai commencé la musculation deux ou trois ans avant de découvrir le trading, j'avais donc déjà compris le lien entre régularité et progression.
Mais quand j'ai commencé à trader et que j'ai traversé des moments difficiles, la musculation est devenue une soupape mentale autant que physique. Elle me permettait de me détacher complètement du trading pendant une heure chaque jour et d'évacuer mes frustrations.
Comme tout le monde, j'ai commencé pour les bienfaits physiques, sans imaginer ce que cela apporterait à ma santé mentale, surtout quand le trading devenait vraiment dur. Il m'arrivait d'aller à la salle simplement parce que je n'arrivais plus à penser clairement.
C'est pourquoi je recommande vivement aux traders d'intégrer l'exercice à leur routine quotidienne. S'éloigner des graphiques et s'isoler un moment rend les choses beaucoup plus claires au retour. Je m'entraîne d'ailleurs souvent le soir, juste avant de préparer ma liste de surveillance : c'est le moment où je me sens le plus lucide devant les graphiques.
Oui, c'est exact : en janvier 2019, je serai enfin trader à plein temps, ce qui est assez excitant ! Quitter le salariat était sans aucun doute l'objectif dès le début, et une grande partie de ma motivation (c'est toujours le cas), mais je ne peux pas dire que j'avais prévu que ce serait possible. La première année, c'était plutôt un fantasme.
Je me revois au travail, en train d'entrer des chiffres dans des calculateurs d'intérêts composés, tout excité à l'idée de gagner beaucoup d'argent ou de démissionner rapidement, puis ramené à l'humilité par le marché et complètement découragé. Avec le recul, l'un des grands tournants a été le jour où j'ai cessé d'apporter chaque jour sur le marché la haine que j'avais de mon emploi. J'ai commencé à me concentrer sur le fait de devenir un meilleur trader. Au lieu de me motiver par le ressentiment, je me suis mis à travailler comme un fou pour progresser, et l'amour du trading et de la progression est vite devenu mon principal moteur.
Devenir trader à plein temps sera une étape majeure, absolument, mais ce n'est pas la destination finale. J'ai encore une énorme marge de progression, comme trader et dans tous les autres domaines de la vie. Depuis que je me suis fixé une date pour quitter mon emploi, j'ai pu réfléchir davantage à ce que je veux faire de mon temps. Bien sûr, j'aurai plus de temps pour m'améliorer en trading, ce qui est formidable !
Mais j'ai aussi hâte d'avoir du temps pour d'autres choses : lire et étudier des sujets que j'aime, aller à la salle de sport quand elle est vide, me promener en journée quand il fait beau, voir davantage mes amis et ma famille, et m'impliquer dans des projets qui me passionnent. Pour moi, être « trader à plein temps » signifie simplement récupérer mon temps.
Je n'avais absolument pas prévu d'être suivi par 25 000 personnes ! J'ai simplement commencé à publier sur Instagram pour documenter mon parcours depuis le début et entrer en contact avec d'autres personnes sur le même chemin. Je pense que les gens ont accroché parce qu'ils voyaient que je le faisais avec plus de transparence que la plupart des traders. Je n'ai pas peur de montrer mes pertes, mes erreurs, les leçons que j'en tire, ni de parler de ce avec quoi je me débats. Je dois dire que les faux comptes à mon nom m'ont un peu surpris, mais je suppose que c'est le signe que l'on fait quelque chose de bien !
Plus sérieusement, le trading est un jeu à somme nulle, et il peut être très solitaire. Faire partie de quelque chose de plus grand et apporter de la valeur ou des repères aux autres, en particulier aux nouveaux traders, est un sentiment formidable. J'essaie simplement d'être la personne que j'aurais admirée quand j'ai commencé. Il y a tellement d'absurdités sur le trading dans les réseaux sociaux qu'un petit coup de pouce dans la bonne direction peut tout changer pour quelqu'un et lui épargner des heures perdues. Rien que pour cela, cela en vaut la peine.
Le quotidien décrit par Tobi Reading est loin de l'image du trader rivé à ses écrans. Sa méthode repose sur une préparation à froid, le soir, et sur très peu d'interventions pendant la séance.
| Moment | Ce qu'il fait |
|---|---|
| Le soir, avant l'analyse | Séance de sport pour aborder les graphiques l'esprit clair |
| 22 h | Liste de surveillance du lendemain et placement des ordres en attente |
| 6 h | Nouvelle vérification des graphiques |
| En journée | Un ou deux contrôles, uniquement si une entrée en direct est attendue |
| Régulièrement | Revue des trades, journal de trading et backtests |
Avec 6 à 8 trades par mois, cette approche se rapproche du swing trading plus que du day trading. Elle présente des atouts réels pour un trader qui a un emploi, mais aussi des contraintes.
Étudiez les bases avec des ressources gratuites et fiables, tout en mettant de l'argent de côté. N'ouvrez un compte réel qu'une fois ces bases acquises ; un compte de démonstration permet de s'entraîner sans risque.
Ne restez pas autodidacte trop longtemps : c'est le principal regret de Tobi Reading. Lisez aussi sur la psychologie du trading, à commencer par « Trading in the Zone » de Mark Douglas.
Préparez une liste de surveillance le soir, placez des ordres en attente avec un stop loss et limitez les contrôles en journée, plutôt que de trader en cachette au travail.
Notez vos trades, revoyez-les et backtestez votre stratégie. Chaque perte doit déboucher sur une leçon : « soit je gagne, soit j'apprends ».
Remplacez « gagner tant par jour » par « respecter mon plan aujourd'hui ». Intégrez aussi une activité physique à votre routine pour garder les idées claires.
À garder en tête : le parcours de Tobi Reading reste un témoignage individuel. Il a lui-même traversé plus d'une année de pertes avant d'obtenir des résultats réguliers, et la majorité des particuliers perdent de l'argent en tradant le Forex et les CFD avec effet de levier. N'investissez que des sommes que vous pouvez vous permettre de perdre.
L'interview de Tobi Reading n'apporte pas de stratégie miracle, et c'est ce qui fait son intérêt. Son parcours montre un trader particulier qui a mis plus de trois ans à vivre de son activité, en passant par une année entière d'échecs, et qui attribue ses progrès à la régularité, au travail sur sa psychologie et à l'aide de mentors plutôt qu'à un indicateur ou à la chance.
Ses conseils se résument en peu de mots : commencer avec ce que l'on a, se former avant de risquer son capital, adopter une routine tenable à côté d'un emploi et juger ses journées sur le respect du plan plutôt que sur les gains.
Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.
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