
Mis à jour le 01 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Il est toujours inspirant de suivre le parcours de femmes qui ont réussi dans le trading, non seulement parce qu'elles restent minoritaires dans ce milieu, mais aussi pour la détermination dont elles ont fait preuve pour bâtir leur carrière sur le forex. Après l'histoire de Kathy Lien et sa vision de l'analyse fondamentale et du plafond de verre, nous vous présentons celle de Valeria Bednarik. Qui est-elle, comment trade-t-elle et quelles leçons tirer de son expérience ?
Valeria Bednarik est une tradeuse et analyste argentine, née et installée à Buenos Aires. Expert-comptable de formation, elle s'est lancée sur les marchés au début des années 2000 en quête d'indépendance financière. Elle est aujourd'hui Chief Analyst et Content Leader de FXStreet, portail d'information forex basé à Barcelone, où ses analyses sur l'EUR/USD, le dollar ou l'or sont reprises par de nombreux médias financiers.
| Fiche d'identité | |
|---|---|
| Nom | Valeria Bednarik |
| Nationalité | Argentine (Buenos Aires) |
| Formation | Expert-comptable, Universidad del Salvador |
| Débuts sur les marchés | Début des années 2000 |
| Poste actuel | Chief Analyst et Content Leader chez FXStreet |
| Spécialités | Forex, analyse technique, price action, matières premières (or) |
| Indicateurs favoris | 2 moyennes mobiles, Momentum, CCI, RSI, Fibonacci |
Valeria Bednarik a grandi dans une famille pour qui seules la médecine et la comptabilité garantissaient un avenir solide. Passionnée de chiffres, elle a obtenu un diplôme d'expert-comptable à l'Universidad del Salvador, à Buenos Aires. La finance l'a toujours attirée, mais jusqu'à la trentaine son quotidien se résumait aux impôts et au contrôle des coûts.
Elle a finalement quitté son poste de directrice générale d'une petite entreprise technologique pour se consacrer sérieusement au marché des changes. Sa détermination s'est renforcée après avoir été elle-même victime d'une escroquerie de type Ponzi, qui aurait fait environ 11 000 victimes en Amérique du Sud. Une expérience qui l'a convaincue de comprendre par elle-même le fonctionnement des marchés plutôt que de confier son argent à d'autres.
Plutôt que d'apprendre seule sur Internet, comme la plupart des débutants, Valeria Bednarik a choisi une formation encadrée au Trader College, un établissement d'enseignement du trading en Argentine. Dans son pays, explique-t-elle, une carrière se construit traditionnellement dans de « vraies » écoles, et un cours en ligne n'était guère considéré comme une étude sérieuse.
Le moment marquant de ses études a été la prise de conscience de la réalité du métier. Dès le départ, on l'a prévenue que seuls 4 étudiants sur 100 iraient au bout du cursus. Elle n'y croyait pas, jusqu'à voir de nombreux camarades abandonner face à la charge de travail et à l'engagement demandés. Sa conclusion : malgré l'évolution du forex, beaucoup de débutants pensent encore pouvoir s'enrichir facilement en quelques trades.
Une fois diplômée, elle est restée au Trader College pour y enseigner, puis a rejoint Mol FX, une autre école de forex argentine fondée par un ancien élève. Elle a ensuite pris un second risque (le premier ayant été de quitter son emploi dans la tech) en quittant ces deux structures pour devenir tradeuse 100 % indépendante, avec un double objectif : trader pour son propre compte et transmettre ses connaissances.
C'est FXStreet qui lui a permis de concilier les deux. Elle y a d'abord publié des articles pédagogiques en tant qu'analyste indépendante au milieu des années 2000, avant que Francesc Riverola, cofondateur du site, ne l'invite à rejoindre l'équipe. Elle en est devenue l'analyste en chef, puis Content Leader. En 2026, elle publie toujours chaque semaine des analyses techniques et fondamentales sur les principales paires de devises et sur l'or, régulièrement citées lors des grandes publications économiques (décisions de la Fed, inflation PCE, etc.).
Interrogée par FXStreet sur sa vision de l'analyse technique, Valeria Bednarik a détaillé la façon dont elle a construit sa méthode : d'abord la quête vaine du « Saint Graal », puis une approche plus simple fondée sur la price action et sur l'usage de plusieurs graphiques.
Pendant son apprentissage, l'analyse technique soulevait chez elle une foule de questions : pourquoi utiliser tel outil plutôt qu'un autre ? Le nombre d'indicateurs et de techniques est quasi infini et s'enrichit sans cesse, si bien que les débutants finissent souvent par tout empiler sur un même graphique.
Au terme de cette recherche, elle en a tiré une conclusion essentielle : la question n'est pas de savoir quel outil utiliser, mais comment l'appliquer et comment comprendre le comportement de la paire étudiée.
Là où beaucoup de traders préfèrent raconter leurs plus beaux gains, Valeria Bednarik partage volontiers sa première grosse perte : plus de 2 000 dollars en un seul trade, soit environ 50 % de son compte. Il lui a fallu quatre mois de discipline extrême pour se refaire.
Son plus beau souvenir de tradeuse n'est d'ailleurs pas un gros gain, mais le jour où elle a réussi à suivre son plan et sa stratégie à la lettre. Cette perte l'a convaincue qu'on apprend bien plus des trades perdants que des trades gagnants, d'où l'importance d'une gestion du risque rigoureuse.
Le comportement des intervenants se reflète dans les prix : c'est un principe de base du trading. Mais vouloir identifier chacun des facteurs qui influencent le marché est illusoire, et un débutant serait vite submergé.
Valeria propose donc la démarche inverse : apprendre d'abord à lire la price action, c'est-à-dire les configurations qui traduisent le comportement du marché. Cela permet de voir sur quoi le marché se concentre et quelles forces dominent à un instant donné. Un point de départ simple, mais redoutablement efficace.
Sa combinaison d'indicateurs est volontairement resserrée : deux moyennes mobiles, le Momentum, le CCI et le RSI. Elle l'estime applicable à toutes les unités de temps. Chaque outil a son rôle : certains servent de filtre, d'autres de déclencheur, et certains ne fonctionnent bien que sur des paires précises.
Un seul graphique ne lui suffit pas. Elle applique cette combinaison sur son unité de temps de base, puis utilise un second graphique pour tracer des lignes de tendance et des retracements de Fibonacci. Cette richesse d'outils traduit surtout sa volonté de ne jamais cesser d'apprendre. Comme elle le résume : le jour où elle arrêtera d'étudier sera le jour de sa mort, car la connaissance est la base du succès.
Voici comment transposer concrètement les principes de Valeria Bednarik dans votre propre pratique :
Suivez une formation structurée et étudiez en profondeur avant même de passer sur un compte démo, puis entraînez-vous en démo avant le compte réel.
Choisissez un petit nombre d'outils et apprenez à les appliquer correctement : la question n'est pas quel indicateur utiliser, mais comment l'utiliser et comment comprendre le comportement de la paire.
Plutôt que d'essayer d'analyser chaque facteur qui influence le marché, observez l'action des prix pour comprendre sur quoi le marché se concentre et quelles forces dominent.
Utilisez un graphique principal avec deux moyennes mobiles, le Momentum, le CCI et le RSI, et un second graphique pour tracer lignes de tendance et retracements de Fibonacci.
Limitez le risque par trade, respectez votre plan, considérez les pertes comme des leçons et mesurez votre réussite à votre discipline plutôt qu'à vos gains.
Valeria Bednarik est convaincue que les femmes ont tout le potentiel pour réussir dans le trading. En revanche, elle ne croit pas qu'elles deviendront un jour majoritaires sur le forex.
Elle rejoint le Dr Alexander Elder qui, dans son livre Come Into My Trading Room, observe que la proportion de traders gagnants est plus élevée chez les femmes. Pour l'auteur, l'arrogance est un péché mortel en trading et l'ego masculin a tendance à s'emballer. Les femmes chercheraient moins à prouver quelque chose et davantage à prendre des bénéfices et à éviter les pertes.
C'est ce dernier point qui parle le plus à Valeria. Avec l'expérience, elle a compris qu'elle n'avait rien à prouver à personne : la vie lui a donné assez de coups pour effacer toute arrogance. Elle gagne, elle perd, c'est son métier, et elle l'adore.
Selon elle, les femmes sont aussi plus studieuses : elles apprennent en profondeur avant même d'ouvrir un compte démo, quand beaucoup d'hommes se précipitent sur un compte réel sans vraiment comprendre le trading. Là encore, elle y voit la marque de l'ego. Avoir des objectifs, viser le succès ou une certaine notoriété n'a rien de mal, mais ce ne sont pas ses priorités.
Soutenir le potentiel des femmes et prédire qu'elles deviendront majoritaires sont deux choses différentes. Valeria ne parvient pas à imaginer un forex à majorité féminine et l'explique en partie par la culture machiste du monde latino-américain.
Elle rappelle surtout que le sexe n'est pas le facteur déterminant : le marché ignore si le trader est un homme ou une femme, s'il étudie ou non, s'il suit un plan ou s'il se contente de parier. Seule compte la capacité à comprendre le marché et à réagir à ses mouvements.
Concilier carrière et rôle de mère n'a rien d'insurmontable pour Valeria Bednarik. Constatant que son temps en famille était trop réduit, elle a réorganisé ses horaires et installé un petit bureau à domicile. Elle confie aujourd'hui travailler pour vivre, et non plus vivre pour travailler.
Ses plages de travail actif se situent tôt le matin, vers 5 heures (heure de Buenos Aires), lorsque la session de Londres est déjà ouverte, et vers 20 heures pour suivre l'ouverture du Nikkei et le ton de la session asiatique. Le reste du temps est consacré à sa famille. Cela peut sembler compliqué, mais devient très simple une fois la routine installée.
Si la famille compte énormément en Argentine, personne dans la sienne ne comprend vraiment son métier. Ses proches l'appellent néanmoins dès qu'un krach boursier fait la une des journaux. L'un de ses frères a même décidé d'apprendre à trader de façon indépendante, malgré une carrière déjà prometteuse.
Le parcours de Valeria Bednarik prouve qu'il n'existe pas de raccourci sur le forex : formation sérieuse, méthode simple centrée sur la price action, gestion stricte du risque et apprentissage permanent. De victime d'une arnaque à cheffe analyste de l'un des principaux portails forex au monde, elle a bâti sa réussite sur la discipline plutôt que sur la recherche de gains rapides. Si vous souhaitez tester ses principes, commencez par un compte démo, par exemple chez XTB, avant d'engager votre capital. Pour découvrir d'autres parcours inspirants, consultez notre page consacrée aux traders célèbres.
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