Mis à jour le 03 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Si vous avez déjà feuilleté l'Investor's Business Daily ou reçu d'un mentor un exemplaire de How to Make Money in Stocks, vous connaissez le nom de William J. O'Neil. Décédé le 28 mai 2023 à l'âge de 90 ans, il laisse une méthode, CAN SLIM, un journal financier et des outils d'analyse encore utilisés chaque jour par les investisseurs en actions de croissance.

William O'Neil naît à Oklahoma City en 1933, en pleine Grande Dépression. Dans sa jeunesse, il vend des magazines, livre des journaux et joue au base-ball. Avec le recul, il dira : "Je pense que j'ai appris quelque chose grâce au sport et à quelques autres activités".
Après le lycée, en 1951, il s'inscrit à la Southern Methodist University, dont il sort diplômé en 1955. Il sert ensuite dans l'armée de l'air américaine, puis décroche en 1958 son premier emploi de courtier chez Hayden, Stone & Company à Los Angeles.
Entre 1958 et 1963, il devient le courtier le plus performant de la maison, tout en suivant la première promotion du Program for Management Development de Harvard. C'est à cette époque qu'il étudie les plus fortes hausses boursières du passé pour en dégager les points communs. En appliquant ces règles, il fait passer son compte de 5 000 dollars à plus de 200 000 dollars en moins de 18 mois.
O'Neil attribuait ces premiers succès à sa capacité de concentration : "Le simple fait de se concentrer, de voir tous les détails, est important pour innover et être le meilleur".
Ces gains lui permettent d'acheter un siège à la Bourse de New York en 1963. À 30 ans, il est alors le plus jeune à l'avoir fait. La même année, il ouvre sa propre société de recherche boursière pour investisseurs institutionnels, William O'Neil + Co.
La société est reconnue pour avoir mis au point la première base de données quotidienne informatisée sur les valeurs mobilières. Le Vatican compte parmi ses premiers clients. Plus de soixante ans après sa création, elle reste active dans la recherche actions institutionnelle. Interrogé sur cette longévité, O'Neil répondait : "Nous nous sommes concentrés sur les actions, la seule chose que nous connaissons le mieux".
En 1973, il lance aussi O'Neil Data Systems, spécialisée dans l'impression à grande vitesse et la publication de bases de données, aujourd'hui connue sous le nom d'O'Neil Digital Solutions.
CAN SLIM est le résultat de l'étude menée par O'Neil sur les actions qui ont le plus monté depuis la fin du XIXe siècle. Chaque lettre désigne une caractéristique que ces valeurs présentaient avant leur envolée. La méthode combine l'analyse fondamentale (les bénéfices) et l'analyse technique (le cours et les volumes) : elle est à la base de ce que l'on appelle aujourd'hui l'investissement de croissance.
| Lettre | Critère | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|---|
| C | Current quarterly earnings | Bénéfice par action du dernier trimestre en hausse d'au moins 25 % sur un an |
| A | Annual earnings growth | Croissance annuelle des bénéfices d'au moins 25 % sur les trois dernières années |
| N | New | Nouveau produit, nouvelle direction ou nouveau plus haut du cours |
| S | Supply and demand | Offre et demande : volumes en nette hausse lorsque le cours monte |
| L | Leader or laggard | Privilégier le leader de son secteur, pas le retardataire |
| I | Institutional sponsorship | Présence croissante de fonds et d'investisseurs institutionnels au capital |
| M | Market direction | Tendance générale du marché : n'acheter qu'en phase haussière confirmée |
L'American Association of Individual Investors (AAII) a classé CAN SLIM comme la stratégie la plus performante parmi celles qu'elle suivait sur la période 1998-2009.
O'Neil a également popularisé la figure chartiste de la tasse avec anse (cup with handle) : un creux arrondi, suivi d'une courte consolidation, puis une cassure de la résistance avec de forts volumes. C'est le point d'achat type de sa méthode.
La méthode se déroule dans un ordre précis, du marché dans son ensemble jusqu'à la gestion de la position.
N'achetez que lorsque les grands indices sont en tendance haussière confirmée. La majorité des actions suivent la tendance générale : acheter une bonne valeur dans un marché baissier reste un mauvais pari.
Retenez les sociétés dont le bénéfice par action progresse d'au moins 25 % sur le dernier trimestre et d'au moins 25 % par an sur les trois dernières années.
Cherchez une nouveauté (produit, direction, plus haut de cours), privilégiez le leader de son secteur et vérifiez que les investisseurs institutionnels renforcent leurs positions.
Entrez lorsque le cours sort par le haut d'une figure de consolidation, par exemple une tasse avec anse, avec des volumes nettement supérieurs à la moyenne.
Vendez sans discuter si l'action recule de 7 à 8 % sous votre prix d'achat, et prenez l'essentiel de vos gains autour de 20 à 25 %.
À retenir : les performances passées d'une stratégie ne garantissent pas ses résultats futurs. CAN SLIM donne un cadre de décision, pas une promesse de gain.
À la fin des années 1960, O'Neil et sa société se sont imposés dans la recherche actions institutionnelle. Il cherche alors à mettre ses données à la disposition d'un public plus large.
En 1972, il lance Daily Graphs, un recueil imprimé de graphiques boursiers livré chaque semaine aux abonnés. En 1998, le service passe en ligne et devient un outil complet de recherche sur les actions. Il est rebaptisé MarketSmith en 2010, puis relancé sous le nom de MarketSurge en mars 2024, avec de nouvelles fonctions comme la courbe des bénéfices affichée sur le graphique.
Toutes ses entreprises suivent la même logique : "Si vous voulez créer une entreprise, vous devez avoir de l'expérience dans le domaine". Et il ajoutait : "Je pense qu'il est important de créer une entreprise parce qu'on a la liberté totale de commencer et de créer ce que l'on veut. Il est évident que nous avons créé des produits qui ont aidé beaucoup de gens".
En 1984, O'Neil se lance dans son projet le plus audacieux : publier ses recherches dans un quotidien économique national, l'Investor's Daily, pensé pour concurrencer directement le Wall Street Journal. Le journal prend le nom d'Investor's Business Daily (IBD) en 1991.
En 2016, l'édition papier passe d'un rythme quotidien à hebdomadaire, tandis que le site continue de publier chaque jour. En 2021, le groupe News Corp rachète Investor's Business Daily pour 275 millions de dollars et le rattache à Dow Jones, l'éditeur du Wall Street Journal, son ancien rival.
O'Neil est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont les plus connus sont :
Sa méthode a formé ou inspiré plusieurs traders reconnus, parmi lesquels David Ryan, qui a travaillé à ses côtés, et Mark Minervini, tous deux vainqueurs du championnat américain d'investissement (US Investing Championship).
| Année | Événement |
|---|---|
| 1933 | Naissance à Oklahoma City |
| 1958 | Débuts de courtier chez Hayden, Stone & Company |
| 1963 | Achat d'un siège à la Bourse de New York et création de William O'Neil + Co. |
| 1972 | Lancement de Daily Graphs |
| 1973 | Création d'O'Neil Data Systems |
| 1984 | Lancement de l'Investor's Daily |
| 1988 | Publication de How to Make Money in Stocks |
| 1991 | Le journal devient Investor's Business Daily |
| 2008 | Création du O'Neil Center for Global Markets and Freedom à la SMU |
| 2010 | Daily Graphs devient MarketSmith |
| 2021 | Rachat d'Investor's Business Daily par News Corp |
| 2023 | Décès de William O'Neil, le 28 mai, à 90 ans |
| 2024 | MarketSmith devient MarketSurge |
O'Neil a mis au point une approche de l'investissement qui lui est propre, mais il a surtout été l'un des premiers à exploiter des données informatisées que l'on considère aujourd'hui comme allant de soi, et à les rendre accessibles aux particuliers.
Il a aussi été un philanthrope actif. Il a notamment financé le William J. O'Neil Center for Global Markets and Freedom, créé en 2008 à la Cox School of Business de la Southern Methodist University, l'université où il avait étudié.
En conclusion : William O'Neil laisse trois héritages durables. Une méthode, CAN SLIM, toujours enseignée. Des outils, Investor's Business Daily et MarketSurge, toujours utilisés. Et une règle simple que tout trader peut appliquer dès aujourd'hui : couper ses pertes tôt.
La méthode de William O'Neil a été conçue pour l'achat d'actions au comptant. Si vous l'appliquez avec des CFD sur actions, gardez à l'esprit que l'effet de levier amplifie les gains comme les pertes : la règle des 7-8 % doit alors être calculée sur votre capital réellement exposé.
Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.