
Mis à jour le 02 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Connor Bruggemann est devenu célèbre fin 2014, lorsque le site américain The Verge a raconté son histoire : un lycéen de 16 ans du New Jersey qui avait transformé environ 10 000 $ d'économies en plus de 300 000 $ en dix-huit mois, en négociant des penny stocks (actions cotant quelques cents) depuis un compte de courtage E*Trade, le plus souvent sur son iPhone.
Plus de dix ans après, son parcours reste l'un des plus cités quand on parle de jeunes traders. Il mérite pourtant d'être lu en entier : un coup de chance initial, une plus-value de 100 000 $ évaporée faute de plan de sortie, une série de pertes, puis une méthode plus rigoureuse et, finalement, une reconversion loin des marchés.
Originaire du comté de Bergen, dans le New Jersey, Connor Bruggemann est élève à la Ramapo High School quand il commence à investir. C'est sa famille qui l'initie à la bourse : son père, ancien trader à Wall Street, l'oriente vers des actions de premier ordre versant de bons dividendes. Avec un petit portefeuille, les gains sont minimes et l'adolescent s'ennuie vite.
Il découvre alors les penny stocks en apprenant que Timothy Sykes, figure très médiatisée de ce marché, déclare gagner des dizaines de milliers de dollars par mois. Connor réunit ses économies et, au lieu de les répartir, les place presque intégralement sur un seul titre. Ses parents ignorent tout : il passe ses ordres depuis sa chambre et parfois en plein cours, ce qui lui vaut quelques ennuis au lycée.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Origine | Comté de Bergen, New Jersey (États-Unis) |
| Capital de départ | 9 700 à 10 000 $ selon les sources |
| Gains annoncés | 300 000 à 360 000 $ en 18 mois environ |
| Marché | Penny stocks américains (actions à moins de 10 $) |
| Courtier utilisé | E*Trade, depuis un iPhone |
| Révélé par | The Verge, décembre 2014 |
| Mentor | Timothy Sykes (Profit.ly) |
| Situation actuelle | Entrepreneur, basé à Boulder (Colorado) |
Sa première opération importante porte sur ACYD (American Community Development Group), une société qui fabrique des équipements sans fil de qualité industrielle pour les réseaux Wi-Fi municipaux. Après avoir écouté une conférence téléphonique évoquant un possible programme de rachat d'actions, il achète plusieurs millions de titres à environ un tiers de cent.
Dans les mois qui suivent, le cours s'envole. En octobre 2013, l'action vaut 6 cents et son compte atteint près de 200 000 $. Il ne vend pas. Lorsqu'il solde enfin sa position, il lui reste environ 94 000 $ : le résultat reste spectaculaire, mais plus de 100 000 $ de plus-value latente ont disparu faute de plan de sortie.
Persuadé d'avoir compris le marché, il enchaîne ensuite les mauvaises opérations et perd encore 30 000 à 40 000 $ selon les sources, début 2014. Il cesse alors de trader pendant trois mois, reprend ses opérations une à une et identifie les erreurs qu'il répète.
Placer la totalité de son capital sur une seule action cotant une fraction de cent est un pari, pas une stratégie. La même décision aurait pu lui faire tout perdre : ce type d'histoire illustre le biais du survivant, on n'entend parler que de ceux pour qui le pari a fonctionné.
Après cette pause, il construit une méthode plus disciplinée, qui lui permet de dégager 150 000 à 200 000 $ supplémentaires en deux ans grâce à des centaines de petites opérations gagnantes sur des actions volatiles à bas prix. Elle repose sur trois principes :
Concrètement, il se limite à deux ou trois figures graphiques et à des actions cotant moins de 10 $. La patience joue un rôle central : il attend qu'un titre de sa liste de surveillance atteigne le niveau voulu, « comme un sniper », au lieu de multiplier les entrées. Il reconnaît lui-même que son succès doit autant à la chance qu'à son éthique de travail.
La médiatisation de son histoire attire l'attention de Timothy Sykes, qui lui propose de rejoindre Profit.ly comme formateur avec sa propre lettre d'information, « Connor Alerts ». Malgré son jeune âge et son expérience limitée, il y diffuse une liste de surveillance quotidienne, ses opérations en temps réel, un salon de discussion modéré, des centaines de leçons vidéo et une séance hebdomadaire de questions-réponses. L'un de ses élèves, le Brésilien Rafa, aurait dépassé les 100 000 $ de gains.
Il lance en parallèle Investors Corner, une plateforme de formation en ligne pour traders débutants. Plusieurs observateurs ont toutefois souligné que sa notoriété devait davantage à la couverture médiatique qu'à un historique de performance long et vérifié : comme pour toute formation au trading, les résultats mis en avant relèvent du marketing et ne garantissent rien.
Connor Bruggemann ne vit plus du trading et n'enseigne plus sur Profit.ly. D'après ses profils professionnels publics, son parcours s'est poursuivi loin des salles de marché :
Il rejoint Herb, média et communauté en ligne consacrés au cannabis, d'abord comme directeur général, puis comme vice-président chargé des revenus.
Il occupe un poste de responsable du développement commercial, notamment chez Alphagreen, et devient associé de la structure CMB.
Il est associé de CMB Media, une société de marketing, et s'installe à Boulder, dans le Colorado.
Les bases de données professionnelles le présentent comme fondateur de Summit Report. Il n'a plus d'activité publique de formateur en bourse.
Aux États-Unis, la SEC qualifie de penny stock une action de petite société cotant moins de 5 $. Ces titres s'échangent souvent de gré à gré (marché OTC), avec peu d'informations financières disponibles. Leur attrait est évident, leurs dangers aussi.
Ce ne sont pas ses performances qui sont transposables, mais les règles qu'il a adoptées après ses erreurs.
Définissez un capital de trading distinct de votre épargne de précaution et ne misez jamais la totalité sur un seul titre.
Fixez un stop avant d'entrer en position et sortez pour une petite perte si le scénario ne se déroule pas comme prévu.
Attendez les configurations de votre liste de surveillance dont le gain visé représente plusieurs fois le risque accepté.
Décidez à l'avance où prendre vos profits, par paliers, pour éviter de voir une plus-value latente fondre comme sur ACYD.
Relisez chaque trade pour repérer vos erreurs récurrentes et arrêtez-vous le temps de corriger votre méthode.
Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.
L'histoire de Connor Bruggemann fascine parce qu'elle réunit tout ce qui fait rêver : un adolescent, un smartphone et un capital multiplié par trente. Elle montre surtout l'envers du décor. Son premier gain tenait d'un pari concentré sur un seul titre, une grande partie de sa plus-value s'est évaporée faute de plan de sortie, et c'est seulement après ses pertes qu'il a adopté une vraie discipline.
Le fait qu'il ait finalement quitté le trading pour l'entrepreneuriat est sans doute l'enseignement le plus parlant : même pour ceux qui réussissent tôt, vivre durablement des marchés reste l'exception. Avant de vous lancer, entraînez-vous sur un compte de démonstration et fixez vos règles de gestion du risque.