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Rogue traders : top 10 et 32 plus grosses pertes de trading de l'histoire

Rogue Traders

Mis à jour le 02 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr

Jérôme Kerviel à la Société Générale, Nick Leeson chez Barings, Kweku Adoboli chez UBS… Les rogue traders ont provoqué certaines des plus grosses pertes de trading de l'histoire et, parfois, la faillite de leur employeur.

Dans ce guide, nous avons réuni 32 affaires, des premiers scandales du marché des changes en 1974 jusqu'à la chute d'Archegos. Nous les avons classées par type (banques, matières premières, pionniers, cas limites) et nous vous proposons un top 10 des plus grosses pertes, avec la sanction prononcée.

Cette page complète notre dossier sur les traders célèbres : après les réussites, voici les dérives, et ce qu'elles enseignent sur la gestion du risque.

Qu'est-ce qu'un rogue trader ?

Un rogue trader (« trader voyou ») est un opérateur de marché qui prend des positions sans autorisation ou au-delà de ses limites, puis les dissimule à sa hiérarchie par de fausses écritures, des comptes cachés ou des couvertures fictives. Le terme a été popularisé par l'affaire Leeson en 1995.

Le mécanisme est presque toujours le même : une petite perte que l'on cache, un pari plus gros pour se refaire, puis une fuite en avant jusqu'à ce que le marché ou un contrôle fasse tout éclater. L'appât du bonus, la pression des objectifs et des contrôles internes défaillants font le reste.

Il ne faut pas confondre le rogue trader avec le gérant dont le pari, connu et autorisé, tourne mal (LTCM, Amaranth, la « baleine de Londres »). Ces pertes sont parfois plus importantes, mais elles relèvent d'un échec de gestion du risque, pas d'une fraude interne.

Le top 10 des plus grosses pertes de rogue traders

Notre classement ne retient que les rogue traders au sens strict : positions non autorisées ou dissimulées. Jérôme Kerviel reste à ce jour l'auteur de la plus grosse perte de cette catégorie, même si la débâcle d'Archegos (plus de 10 milliards de dollars en 2021) la dépasse en montant.

RangTraderÉtablissementAnnéePerteSanction
1Jérôme KervielSociété Générale20087,2 Md $ (4,9 Md €)5 ans de prison dont 3 ferme
2Yasuo HamanakaSumitomo Corporation19962,6 Md $8 ans de prison
3Kweku AdoboliUBS20112,3 Md $7 ans de prison
4Nick LeesonBarings19951,4 Md $ (827 M £)6 ans et demi de prison
5Toshihide IguchiDaiwa Bank19951,1 Md $4 ans de prison
6Boris Picano-NacciCaisse d'Épargne2008≈ 1 Md $ (751 M €)2 ans avec sursis
7John RusnakAllied Irish Banks2002691 M $7 ans et demi de prison
8David LeeBank of Montreal2007≈ 640 M $ (680 M CAD)A plaidé coupable
9Chen JiulinChina Aviation Oil2004550 M $4 ans et 3 mois de prison
10Alexis StenforsMerrill Lynch2009456 M $Interdit d'exercer 5 ans

Les rogue traders des grandes banques

C'est le cas d'école : un salarié d'une salle de marchés dépasse ses limites, perd, puis dissimule ses positions par de fausses écritures en espérant « se refaire ».

2008FranceSociété Générale
Trader du desk Delta One, il accumule jusqu'à environ 50 milliards d'euros de positions sur les futures d'indices européens, masquées par des opérations fictives. Le débouclage en janvier 2008 coûte 4,9 milliards d'euros à la banque. Condamné à cinq ans de prison dont trois ferme ; les dommages-intérêts ont été ramenés à 1 million d'euros en 2016.
2011Ghana / Royaume-UniUBS
Sur le desk ETF de UBS à Londres, il dépasse ses limites et cache ses pertes derrière des couvertures fictives. Perte : 2,3 milliards de dollars. Condamné pour fraude en 2012 à sept ans de prison, il a été expulsé vers le Ghana en 2018.
1995Royaume-UniBarings
À Singapour, il cache ses pertes sur les futures Nikkei dans le compte d'erreurs 88888. Le séisme de Kobe fait exploser ses positions : 827 millions de livres de pertes et la faillite de la plus vieille banque d'affaires britannique, rachetée par ING pour une livre symbolique. Six ans et demi de prison.
Toshihide Iguchi
1995JaponDaiwa Bank
À la succursale new-yorkaise de Daiwa, il dissimule pendant onze ans 1,1 milliard de dollars de pertes sur les obligations du Trésor américain, avant de se dénoncer par lettre. Quatre ans de prison ; Daiwa est expulsée des États-Unis.
John Rusnak
2002États-UnisAllied Irish Banks
Cambiste chez Allfirst, filiale américaine d'AIB, il perd 691 millions de dollars sur le yen et masque le trou avec de fausses options de change. Sept ans et demi de prison.
Boris Picano-Nacci
2008FranceCaisse d'Épargne
En plein krach d'octobre 2008, ses positions sur dérivés actions font perdre 751 millions d'euros à la Caisse d'Épargne. Condamné en 2012 pour abus de confiance à deux ans de prison avec sursis.
2009SuèdeMerrill Lynch
Trader de change et de taux à Londres, il surévalue son portefeuille ; la correction coûte 456 millions de dollars à Merrill Lynch. Interdit d'exercer pendant cinq ans par le régulateur britannique, il est devenu universitaire.
Les quatre de la NAB
2004AustralieNational Australia Bank
David Bullen, Luke Duffy, Vince Ficarra et Gianni Gray maquillent leurs pertes sur options de change avec de fausses transactions : 360 millions de dollars australiens. Tous sont condamnés à de la prison.
Matthew Taylor
2007États-UnisGoldman Sachs
Il prend une position non autorisée de 8,3 milliards de dollars sur les futures E-mini S&P 500 et la cache par de fausses saisies. Perte : 118 millions de dollars, neuf mois de prison.
Joseph Jett
1994États-UnisKidder Peabody
Star du desk obligataire, il exploite une faille comptable qui génère 350 millions de dollars de profits fictifs. Interdit d'exercer et mis à l'amende, il a toujours contesté la fraude.

Les rogue traders des matières premières

Cuivre, pétrole, gaz, blé : dans le négoce, un seul opérateur peut engager des volumes colossaux, souvent loin du siège.

1996JaponSumitomo
« Monsieur 5 % » contrôlait une part énorme du marché mondial du cuivre et a tenté pendant dix ans d'en soutenir les cours. Perte : 2,6 milliards de dollars, huit ans de prison.
Chen Jiulin
2004Chine / SingapourChina Aviation Oil
Le patron de la filiale singapourienne vend des options sur le pétrole en pariant sur une baisse des cours. Le baril s'envole : 550 millions de dollars de pertes et quatre ans et trois mois de prison.
Liu Qibing
2005ChineState Reserve Bureau
Ce trader de l'agence chinoise des réserves stratégiques vend massivement le cuivre à découvert à Londres, puis disparaît quand les cours montent. La perte est estimée à environ 200 millions de dollars.
Juan Pablo Dávila
1993ChiliCodelco
Après une erreur de saisie, le trader du géant public du cuivre multiplie les paris pour se refaire et creuse un trou d'environ 200 millions de dollars. L'affaire a marqué durablement le Chili.
Evan Dooley
2008États-UnisMF Global
En une nuit, il prend sur son compte personnel des positions démesurées sur les futures de blé : 141 millions de dollars de pertes pour son courtier. Cinq ans de prison.
Steve Perkins
2009Royaume-UniPVM Oil Futures
Après un week-end très arrosé, ce courtier achète en pleine nuit 7 millions de barils de Brent sans autorisation. Perte : près de 10 millions de dollars, cinq ans d'interdiction d'exercer.
David Lee
2007États-UnisBank of Montreal
Trader d'options sur gaz naturel, il surévalue son portefeuille avec la complicité d'un courtier. La banque annonce 680 millions de dollars canadiens de pertes ; il plaide coupable en 2008.

Les pionniers : forex et argent métal (1974-1980)

Les premiers scandales naissent avec les changes flottants, après la fin du système de Bretton Woods.

Dany Dattel
1974AllemagneHerstatt Bank
Le chef cambiste de la banque de Cologne accumule des pertes de change d'environ 470 millions de marks. La fermeture de Herstatt en juin 1974 a donné son nom au « risque Herstatt » (risque de règlement).
Marc Colombo
1974SuisseLloyds Bank Lugano
Ce jeune cambiste de la succursale de Lugano perd environ 32 millions de livres sur le dollar en dépassant largement ses limites. C'est l'un des tout premiers « rogue traders » modernes.
1980États-UnisArgent métal
Les frères Hunt tentent d'accaparer le marché de l'argent, dont l'once passe d'environ 6 à près de 50 dollars. Le « Silver Thursday » du 27 mars 1980 les ruine : plus d'un milliard de dollars de pertes et une condamnation civile pour manipulation en 1988.

Les cas limites : paris autorisés, hedge funds et fraudes

Ces noms figurent souvent dans les classements, mais ce ne sont pas des rogue traders au sens strict : leurs positions étaient connues de leur employeur, ou bien il s'agit de leur propre fonds.

Bill Hwang
2021États-UnisArchegos
Son family office s'endette massivement via des total return swaps auprès de plusieurs banques. Sa chute en mars 2021 leur coûte plus de 10 milliards de dollars, dont 5,5 pour Credit Suisse. Condamné pour fraude à 18 ans de prison en 2024, il a sollicité une grâce présidentielle début 2026.
Howie Hubler
2007-2008États-UnisMorgan Stanley
Son pari sur les subprimes, financé par la vente de CDS sur des tranches jugées sûres, coûte environ 9 milliards de dollars à la banque. Les positions étaient autorisées : aucune poursuite.
Bruno Iksil
2012FranceJPMorgan Chase
Surnommé la « baleine de Londres », ce trader français tenait des positions géantes sur les dérivés de crédit. Perte : 6,2 milliards de dollars. Il n'a pas été condamné ; la banque a payé plus de 900 millions de dollars d'amendes.
Brian Hunter
2006CanadaAmaranth Advisors
Ses paris sur les écarts de prix du gaz naturel font perdre environ 6,5 milliards de dollars au hedge fund en quelques semaines, entraînant sa liquidation.
John Meriwether
1998États-UnisLTCM
Avec deux prix Nobel à son bord, LTCM pratique l'arbitrage obligataire avec un levier extrême. La crise russe coûte 4,6 milliards de dollars et impose un sauvetage par 14 banques sous l'égide de la Fed de New York.
2008Hong KongCitic Pacific
La directrice financière du conglomérat signe des contrats de change à effet de levier sur le dollar australien. Quand la devise s'effondre, la perte atteint 14,7 milliards de dollars de Hong Kong.
Richard « Chip » Bierbaum
2007États-UnisCalyon
Ce trader de 26 ans fait perdre environ 250 millions d'euros à la filiale du Crédit Agricole sur les indices de crédit. Licencié, il a toujours nié avoir agi en dehors de ses limites.
1999États-UnisAustin Forex International
Ancien joueur de la NFL reconverti dans le forex, il cache ses pertes aux clients de sa société et les rembourse avec l'argent des nouveaux investisseurs. Environ 36 millions de dollars envolés, sept ans de prison.

Tableau complet : les 32 plus grosses pertes de trading

Le tableau ci-dessous reprend, par ordre chronologique, les 32 affaires recensées, y compris les cas limites. Les pertes sont exprimées en milliards de dollars au cours de l'époque ; ce sont des ordres de grandeur, les chiffres variant selon les sources et les taux de change retenus.

DateTraderPaysSociétéPerte en milliards $Source de la perteSanction
1974Dany DattelAllemagneHerstatt Bank0,18 $ForexProcédure abandonnée (santé)
1974Marc ColomboSuisseLloyds Bank (Lugano)0,08 $ForexPrison avec sursis
1980Nelson Bunker Hunt et William Herbert HuntÉtats-UnisInternational Metal Investment Group> 1 $Futures sur l'argentCondamnés au civil (1988), faillite
1993Juan Pablo DávilaChiliCodelco0,2 $Futures sur cuivre, or et argentCondamné au Chili
1994Joseph JettÉtats-UnisKidder Peabody0,35 $Obligations d'État (profits fictifs)Interdit d'exercer, amende
1994Robert CitronÉtats-UnisComté d'Orange (Californie)1,7 $Obligations à effet de levier1 an (peine aménagée)
1995Nick LeesonRoyaume-UniBarings1,4 $Futures sur Nikkei6 ans et demi de prison
1995Toshihide IguchiJaponDaiwa Bank1,1 $Obligations du Trésor américain4 ans de prison
1996Yasuo HamanakaJaponSumitomo Corporation2,6 $Futures sur cuivre8 ans de prison
1996Peter YoungRoyaume-UniMorgan Grenfell0,66 $Actions non cotéesJugé inapte à comparaître
1997Kyriacos PapouisRoyaume-UniNatWest Markets0,15 $Options de tauxSanction disciplinaire
1998John MeriwetherÉtats-UnisLong Term Capital Management4,6 $Arbitrage obligataireAucune (fonds renfloué)
1999Russell ErxlebenÉtats-UnisAustin Forex International0,04 $Forex (système de Ponzi)7 ans de prison
2002John RusnakÉtats-UnisAllied Irish Banks (Allfirst)0,69 $Options de change7 ans et demi de prison
2004David Bullen, Luke Duffy, Vince Ficarra, Gianni GrayAustralieNational Australia Bank0,27 $Options de change16 mois à 3 ans 8 mois de prison
2004Chen JiulinChine / SingapourChina Aviation Oil0,55 $Options sur pétrole4 ans et 3 mois de prison
2005Liu QibingChineState Reserve Bureau0,2 $Futures sur cuivre7 ans de prison (presse chinoise)
2006Brian HunterCanadaAmaranth Advisors6,5 $Futures sur gaz naturelAucune condamnation pénale
2007Richard « Chip » BierbaumÉtats-UnisCalyon (Crédit Agricole)0,35 $Indices de créditLicencié
2007David LeeÉtats-UnisBank of Montreal0,64 $Options sur gaz naturelA plaidé coupable (2008)
2007Matthew TaylorÉtats-UnisGoldman Sachs0,12 $Futures E-mini S&P 5009 mois de prison
2007-2008Howie HublerÉtats-UnisMorgan Stanley9 $CDS sur subprimesAucune
2008Jérôme KervielFranceSociété Générale7,2 $Futures sur indices européens5 ans de prison dont 3 ferme
2008Boris Picano-NacciFranceCaisse d'Épargne1,0 $Dérivés actions2 ans avec sursis
2008Frances YungHong KongCitic Pacific1,9 $Forex (dollar australien)Démise de ses fonctions
2008Evan DooleyÉtats-UnisMF Global0,14 $Futures sur blé5 ans de prison
2009Alexis StenforsSuèdeMerrill Lynch0,46 $Forex (positions mal valorisées)Interdit d'exercer 5 ans
2009Steve PerkinsRoyaume-UniPVM Oil Futures0,01 $Futures sur BrentInterdit d'exercer 5 ans, amende
2011Kweku AdoboliGhana / Royaume-UniUBS2,3 $ETF et futures sur indices7 ans de prison
2012Bruno IksilFranceJPMorgan Chase6,2 $Dérivés de crédit (CDS)Aucune condamnation
2019Wang XingchenChine / SingapourPetro-Diamond Singapore (Mitsubishi)0,32 $Dérivés sur pétroleLicencié (conteste les faits)
2021Bill HwangÉtats-UnisArchegos Capital Management10 $Total return swaps sur actions18 ans de prison (2024)

Ce que les rogue traders ont en commun

Des salles de marchés de Singapour au négoce de cuivre à Tokyo, les mêmes ingrédients reviennent. Depuis 2008, les banques et les régulateurs ont renforcé les garde-fous.

Les garde-fous efficaces
  • Séparation stricte entre front office et back office
  • Limites de risque suivies en temps réel
  • Congés obligatoires de deux semaines consécutives
  • Contrôle des opérations annulées ou modifiées
  • Bonus différés et récupérables (clawback)
Ce qui favorise la dérive
  • Un trader qui contrôle aussi ses propres écritures
  • Des profits inexpliqués que personne ne questionne
  • Des alertes ignorées tant que le desk gagne
  • Moyenner à la baisse pour « se refaire »
  • Une rémunération fondée sur le gain à court terme

Les leçons à retenir pour un trader particulier

Un particulier ne fera jamais perdre des milliards à une banque, mais il peut devenir son propre rogue trader : cacher une perte à ses proches, supprimer un stop, doubler la mise. Voici comment l'éviter.

1
Fixer une limite de perte avant chaque trade

Décidez du montant maximal que vous acceptez de perdre, idéalement 1 à 2 % du capital, et placez un stop loss dès l'ouverture de la position.

2
Ne jamais déplacer un stop pour éviter une perte

Leeson, Kerviel et Adoboli ont tous refusé d'encaisser une petite perte. Un stop reculé est le premier pas de la fuite en avant.

3
Ne pas moyenner à la baisse

Renforcer une position perdante pour abaisser son prix de revient augmente le risque au pire moment. C'est le point commun de presque toutes les affaires.

4
Limiter l'effet de levier

Archegos et LTCM montrent qu'un levier excessif transforme une erreur ordinaire en ruine. Sur les CFD, utilisez un levier inférieur au maximum autorisé.

5
Tenir un journal et fixer une perte maximale par jour

Notez chaque trade et arrêtez-vous dès que la perte journalière prévue est atteinte. La transparence envers soi-même remplace le contrôle interne d'une banque.

Conclusion

De Dany Dattel en 1974 à Bill Hwang en 2021, l'histoire des rogue traders se répète : une perte cachée, un pari plus gros, des contrôles qui ne voient rien ou ne veulent rien voir. Les montants ont changé, pas la psychologie.

Pour les banques, la réponse passe par la séparation des tâches et la surveillance des limites. Pour le trader particulier, elle tient en une règle : accepter la petite perte avant qu'elle ne devienne ingérable. Gardez à l'esprit que le trading de CFD à effet de levier comporte un risque élevé de perte en capital.

FAQ - Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un rogue trader ? ▾
Un rogue trader est un opérateur de marché qui prend des positions non autorisées ou supérieures à ses limites et les dissimule à son employeur, généralement par de fausses écritures. Quand les pertes sont découvertes, elles peuvent atteindre plusieurs milliards.
Qui est le plus grand rogue trader de l'histoire ? ▾
Jérôme Kerviel détient le record : ses positions non autorisées ont coûté 4,9 milliards d'euros (environ 7,2 milliards de dollars) à la Société Générale en janvier 2008. Il devance Yasuo Hamanaka (2,6 milliards de dollars) et Kweku Adoboli (2,3 milliards).
Quelle est la plus grosse perte de trading de tous les temps ? ▾
La chute d'Archegos Capital Management, le family office de Bill Hwang, a coûté plus de 10 milliards de dollars à ses banques en mars 2021. Viennent ensuite Howie Hubler chez Morgan Stanley (environ 9 milliards) et Jérôme Kerviel.
Quel rogue trader a fait couler la banque Barings ? ▾
Nick Leeson. Ses pertes cachées sur les futures Nikkei à Singapour ont atteint 827 millions de livres en février 1995, soit plus que les fonds propres de la banque, qui a été rachetée par ING pour une livre symbolique.
Les rogue traders vont-ils en prison ? ▾
Le plus souvent, oui : huit ans pour Yasuo Hamanaka, sept ans et demi pour John Rusnak, sept ans pour Kweku Adoboli, six ans et demi pour Nick Leeson, cinq ans dont trois ferme pour Jérôme Kerviel. D'autres, comme Alexis Stenfors, ont seulement été interdits d'exercer.
Que sont devenus Jérôme Kerviel et Nick Leeson ? ▾
Jérôme Kerviel a purgé sa peine et obtenu en 2016 la réduction des dommages-intérêts de 4,9 milliards à 1 million d'euros. Nick Leeson, libéré en 1999, est devenu conférencier et auteur ; son histoire a inspiré le film Trader (Rogue Trader) avec Ewan McGregor.
Quelle différence entre un rogue trader et un pari qui tourne mal ? ▾
Le rogue trader agit sans autorisation et cache ses positions. Dans des affaires comme LTCM, Amaranth ou la « baleine de Londres », les positions étaient connues et validées : il s'agit d'un échec de gestion du risque, pas d'une fraude interne.
Comment les banques se protègent-elles des rogue traders ? ▾
Par la séparation du front office et du back office, le suivi des limites en temps réel, le contrôle des opérations annulées, les congés obligatoires et des bonus différés. Les régulateurs exigent aussi davantage de fonds propres face au risque opérationnel.
Y a-t-il eu des rogue traders sur le forex ? ▾
Oui. Les premiers scandales sont nés sur le marché des changes en 1974 (Herstatt, Lloyds Lugano). Plus tard, John Rusnak a perdu 691 millions de dollars chez Allied Irish Banks, et quatre traders de la National Australia Bank ont perdu 360 millions de dollars australiens sur des options de change.

 

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