
Mis à jour le 03 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Lorsqu'ils ouvrent une position, la plupart des traders ne pensent qu'au gain possible. Rien d'anormal, mais la question qui décide de la survie d'un compte est l'inverse : combien puis-je perdre si j'ai tort ?
Le profit et le risque dans le trading sont indissociables. Un trader avisé cherche à équilibrer les deux pour obtenir des résultats réguliers plutôt qu'un coup d'éclat suivi d'un compte vidé.
Chris Weston, responsable de la recherche chez Pepperstone, insiste beaucoup sur ce point. Selon lui, la gestion des risques est une compétence à maîtriser au même titre que la stratégie : elle permet de préserver le capital assez longtemps pour que la stratégie ait le temps de porter ses fruits.
Dans un podcast de la chaîne YouTube Desire To TRADE, il détaille la méthode qu'il applique depuis plus de vingt ans. Cette page en reprend les quatre conseils, avec des exemples chiffrés et un mode d'emploi pour les appliquer à vos propres trades.
L'essentiel en 30 secondes
Chris Weston est un analyste et trader australien qui compte plus de 24 ans d'expérience sur les marchés financiers. Il a suivi une formation en finance appliquée à l'Université Macquarie de Sydney.
Il a fait ses armes dans plusieurs grandes maisons : Morgan Stanley au Royaume-Uni au début des années 2000, puis Credit Suisse, Merrill Lynch et enfin IG, où il a passé plus de dix ans comme stratégiste de marché. Il y a occupé aussi bien des fonctions de recherche que de vente et de trading, auprès de clients particuliers comme institutionnels, sur le forex, les actions et les obligations.
Depuis 2018, il est responsable de la recherche (Head of Research) chez Pepperstone, courtier forex et CFD fondé à Melbourne en 2010. Il y publie des analyses quotidiennes des marchés et anime régulièrement des sessions en direct avec les clients du courtier.
C'est aussi une figure médiatique : il intervient régulièrement sur Bloomberg, Channel News Asia et Sky News Business pour commenter le forex, les indices, les matières premières et la politique monétaire. En 2026, il continue d'y être invité pour décrypter l'actualité des marchés.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Fonction actuelle | Head of Research chez Pepperstone |
| Expérience | Plus de 24 ans sur les marchés financiers |
| Parcours | Morgan Stanley, Credit Suisse, Merrill Lynch, IG |
| Formation | Finance appliquée, Université Macquarie (Sydney) |
| Marchés suivis | Forex, indices et actions, taux, matières premières |
| Médias | Bloomberg, Channel News Asia, Sky News Business |
L'entretien d'origine (en anglais) dans lequel Chris Weston expose sa vision du risque et du flux d'ordres :
Pour Chris Weston, comprendre la gestion du risque est indispensable à quiconque veut vivre du trading. Elle fixe à l'avance la perte acceptable et l'objectif de gain, ce qui oblige à rester réaliste et protège de l'excès de gourmandise. Voici ses quatre conseils principaux.
Chris Weston voit souvent des traders dotés d'une bonne stratégie finir malgré tout par perdre de l'argent. La cause est presque toujours la même : un capital mal géré, avec des positions trop grosses par rapport au compte.
Il recommande donc de décider, avant chaque trade, du montant que l'on accepte de perdre. Pour un débutant, ce risque ne doit pas dépasser 2 % du capital total.
Avec un capital de 1 000 dollars, la perte maximale par trade est ainsi de 20 dollars. Une perte de cette taille ne pèse ni sur le compte ni sur le moral. Et si l'on veut gagner davantage, la bonne réponse est d'augmenter son capital, pas le pourcentage de risque.
Ce montant détermine ensuite la taille de la position, en fonction de la distance du stop loss :
| Capital | Risque (2 %) | Distance du stop | Valeur du pip | Taille sur EUR/USD |
|---|---|---|---|---|
| 1 000 $ | 20 $ | 10 pips | 2 $ | 0,20 lot |
| 1 000 $ | 20 $ | 20 pips | 1 $ | 0,10 lot |
| 1 000 $ | 20 $ | 40 pips | 0,50 $ | 0,05 lot |
| 5 000 $ | 100 $ | 40 pips | 2,50 $ | 0,25 lot |
Calcul : taille = montant risqué / (distance du stop en pips × 10 $, valeur du pip pour 1 lot standard sur l'EUR/USD).
Rien n'interdit d'ouvrir plusieurs positions. Chris Weston conseille pourtant aux débutants de n'en gérer qu'une : l'attention reste entière sur le stop, l'objectif et le plan. Une nouvelle position peut être ouverte une fois la première clôturée, et ainsi de suite.
Multiplier les positions disperse la concentration et encombre l'esprit. Cela additionne aussi les risques : deux positions à 2 % sur des paires corrélées, comme l'EUR/USD et le GBP/USD, se comportent en pratique comme une seule position à 4 %.
Dernier point : on ne force pas une entrée. Si le signal n'est pas là, ne pas trader est une décision à part entière.
Chris Weston présente comme l'un de ses secrets de réussite le fait de toujours appliquer le niveau de stop loss idéal : ni trop étroit, ni trop large. Trop serré, le stop saute sur le simple bruit du marché ; trop large, la perte devient disproportionnée par rapport au gain espéré.
Avant de le placer, il observe les niveaux importants du graphique : supports, résistances, niveaux psychologiques, pivots. Ce sont eux qui servent de référence. Pour un débutant, la méthode la plus simple consiste à identifier supports et résistances à l'aide de l'action des prix, de Fibonacci (retracements ou extensions) ou des points pivots.
Exemple : un trader qui envisage un achat attend la cassure d'une résistance pour valider son scénario, puis place son stop loss quelques pips sous le support. Si le prix revient sous ce niveau, le scénario est invalidé et la position se ferme avec une perte connue d'avance.
L'ordre des opérations compte : on choisit d'abord le niveau du stop sur le graphique, puis on ajuste la taille de la position pour que la perte reste à 2 %. Rapprocher le stop pour pouvoir prendre une position plus grosse revient à faire l'inverse.
Chris Weston raconte volontiers ses erreurs de débutant. Il voulait des taux de réussite très élevés, d'énormes profits en une seule transaction, des gains à la fois garantis et importants. La réalité l'a rattrapé : en quelques mois, son capital avait disparu.
En reprenant son apprentissage à zéro, il a compris que ses attentes irréalistes étaient la cause de son échec : plus l'espérance de gain est démesurée, plus on prend de risques pour l'atteindre. Il a alors accepté que perdre est normal en trading et s'est concentré sur un seul objectif : que ses gains pèsent plus lourd que ses pertes.
Les chiffres montrent pourquoi il n'est pas nécessaire d'avoir souvent raison :
| Ratio risque/rendement | Taux de réussite nécessaire pour être à l'équilibre |
|---|---|
| 1:1 | 50 % |
| 1:1,5 | 40 % |
| 1:2 | 33,3 % |
| 1:3 | 25 % |
Hors spreads, commissions et frais de financement, qui relèvent légèrement ces seuils.
Une série de dix trades perdants d'affilée arrive tôt ou tard, même avec une bonne stratégie. Le pourcentage risqué par trade décide de ce qu'il reste du compte à ce moment-là, et de l'effort nécessaire pour revenir au point de départ.
| Risque par trade | Capital restant après 10 pertes (départ 1 000 $) | Baisse du compte | Gain nécessaire pour revenir à 1 000 $ |
|---|---|---|---|
| 1 % | 904 $ | -9,6 % | +10,6 % |
| 2 % | 817 $ | -18,3 % | +22,4 % |
| 5 % | 599 $ | -40,1 % | +67,0 % |
| 10 % | 349 $ | -65,1 % | +186,8 % |
À 2 % par trade, le compte encaisse la série et reste récupérable. À 10 %, il faudrait presque tripler ce qu'il reste pour retrouver son capital : c'est mathématiquement possible, mais très improbable.
Voici comment transformer ces conseils en routine, à dérouler avant et après chaque trade.
Décidez du montant que vous acceptez de perdre avant d'ouvrir la position : 2 % du capital au maximum, soit 20 $ pour un compte de 1 000 $.
Identifiez le support, la résistance, le pivot ou le niveau psychologique dont la cassure prouverait que votre analyse est fausse, et placez le stop loss quelques pips au-delà.
Divisez le montant risqué par la distance du stop multipliée par la valeur du pip. Exemple : 20 $ / (20 pips × 10 $) = 0,10 lot sur l'EUR/USD.
N'ouvrez pas de nouvelle position tant que la première n'est pas clôturée, et ne forcez pas une entrée si le signal n'est pas là.
Fixez un objectif de gain cohérent avec le risque pris (au moins 1,5 à 2 fois la distance du stop), puis consignez le trade dans un journal pour mesurer votre taux de réussite réel.
Avertissement sur les risques : le forex et les CFD sont des produits à effet de levier. La majorité des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD. En Europe, le levier des particuliers est plafonné (30:1 sur les grandes paires de devises) et le solde du compte ne peut pas devenir négatif, mais ces protections ne dispensent pas de limiter soi-même le risque de chaque position. N'investissez que des sommes que vous pouvez vous permettre de perdre.
La méthode de Chris Weston n'a rien de spectaculaire, et c'est ce qui fait sa valeur : limiter chaque perte à 2 % du capital, suivre une position à la fois, placer le stop là où le scénario est invalidé et renoncer aux gains miraculeux. Aucune de ces règles ne fait gagner à elle seule, mais ensemble elles laissent à une stratégie le temps de fonctionner et au trader le temps d'apprendre.
Le plus simple pour s'en convaincre est de les appliquer telles quelles sur un compte de démonstration pendant quelques dizaines de trades, en notant chaque résultat.
Outre la gestion des risques, l'autre pilier de la réussite est le facteur psychologique, un thème développé par Rande Howell : quels sont les conseils pour développer un état d'esprit de trader à la Rande Howell ?
Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.