
Mis à jour le 03 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Ancien banquier d'investissement et gérant de hedge fund, docteur en physique théorique de l'université de Cambridge, Corvin Codirla s'est fait connaître par une approche du marché des changes volontairement simple.
Comme l'investisseur légendaire Warren Buffett sur les actions, il défend l'idée qu'une méthode claire, appliquée avec patience, vaut mieux qu'un système compliqué.
Sa lecture du Forex tient en deux points :
L'essentiel à retenir
Dans cet article, nous revenons sur son parcours, nous détaillons ces deux piliers avec les taux directeurs d'octobre 2026, puis nous montrons comment appliquer la méthode pas à pas, avec ses avantages et ses limites.
Avant d'aborder ses conseils pour l'investissement sur le marché des changes, il est utile de connaître le parcours de Corvin Codirla, car sa méthode découle directement de sa formation scientifique et de son expérience des salles de marché.
Une formation scientifique à Cambridge. Corvin Codirla a fait toutes ses études à l'université de Cambridge : une licence de mathématiques (1993-1996), le master « Part III » de mathématiques (1996-1997), puis un doctorat en physique théorique consacré à la théorie des cordes, obtenu en 2001.
Plus de vingt ans dans la finance. Il débute en 2001 dans la gestion des risques chez JPMorgan. Il travaille ensuite comme analyste quantitatif pour le hedge fund Brevan Howard, puis dirige la stratégie mondiale sur les options de change chez Barclays Capital. Il passe ensuite du côté de la gestion : trader associé chez Peloton Partners, puis gérant de fonds (CCFX, Partner Capital) de 2011 à 2015. Il occupe également un poste de directeur en stratégie de taux chez Deutsche Bank.
Bladex et la formation. En 2017, il rejoint Bladex comme vice-président principal chargé des couvertures et de la gestion de portefeuille. Bladex (Banco Latinoamericano de Comercio Exterior) est une banque multilatérale basée au Panama, spécialisée dans le financement du commerce extérieur en Amérique latine et dans les Caraïbes. En parallèle, Corvin Codirla enseigne le trading systématique : il a fondé le site FXMasterCourse et propose une formation au trading quantitatif avec Python.
La simplicité comme ligne de conduite. Le parallèle avec Warren Buffett porte sur l'état d'esprit, pas sur le marché : Buffett investit dans des entreprises, pas dans des devises. Mais les deux hommes partagent la même conviction, celle que les erreurs coûteuses viennent le plus souvent de changements de stratégie précipités. Même l'action Berkshire Hathaway a perdu environ la moitié de sa valeur à plusieurs reprises au cours de son histoire : la patience fait partie de la méthode. Dans un entretien accordé début 2026, Corvin Codirla résumait cette idée en affirmant que la meilleure façon de gagner de l'argent est de « rester assis sur ses mains », et il expliquait que beaucoup de particuliers échouent parce qu'ils attendent du trading de l'excitation plutôt que des résultats.
La plupart des investisseurs privilégient les actions, les obligations, l'or ou l'immobilier. Corvin Codirla s'intéresse aussi aux devises, parce qu'elles obéissent à un moteur identifiable (la politique monétaire) et parce que leurs tendances, une fois installées, peuvent durer longtemps. Sa méthode combine donc un critère fondamental, le taux d'intérêt, et un critère technique, la tendance.
Le taux directeur est fixé par la banque centrale de chaque pays ou zone monétaire. Lorsqu'il est élevé, la devise rémunère mieux les capitaux placés : la demande augmente, et le taux de change a tendance à s'apprécier. À l'inverse, une baisse de taux, ou sa simple anticipation, tend à affaiblir la devise.
Pour Corvin Codirla, le point clé consiste à choisir une paire qui oppose la devise au taux le plus élevé à la devise au taux le plus faible. C'est le principe du carry trade (opération de portage) : l'investisseur achète la devise la mieux rémunérée, la finance avec la moins bien rémunérée et encaisse l'écart, qui se matérialise chez un broker par un swap positif crédité chaque nuit.
Taux directeurs des grandes banques centrales (début octobre 2026) :
| Banque centrale | Devise | Taux directeur |
|---|---|---|
| Banque de réserve d'Australie (RBA) | AUD | 4,60 % |
| Réserve fédérale (Fed) | USD | 3,75 % - 4,00 % |
| Banque d'Angleterre (BoE) | GBP | 3,75 % |
| Banque centrale européenne (BCE) | EUR | 2,65 % |
| Banque du Japon (BoJ) | JPY | 1,25 % |
| Banque nationale suisse (BNS) | CHF | 0,00 % |
Taux relevés début octobre 2026. Ils évoluent à chaque réunion de politique monétaire : vérifiez-les avant toute décision.
Exemple :
Début octobre 2026, le dollar australien (AUD) offre le taux le plus élevé des grandes devises, à 4,60 %, tandis que le franc suisse (CHF) est à 0,00 %. L'écart est donc de 4,60 points sur la paire AUD/CHF. Avec la livre sterling (3,75 %), l'écart atteint 3,75 points sur GBP/CHF.
Selon la logique de Corvin Codirla, ces paires sont candidates à l'achat : l'investisseur qui détient AUD/CHF ou GBP/CHF perçoit le différentiel de taux aussi longtemps qu'il conserve sa position.
Attention : un écart de taux n'est pas une garantie. Le rendement du portage peut être effacé en quelques séances par une variation du taux de change. Le franc suisse et le yen sont des valeurs refuges : ils s'apprécient fortement en période de tension. En août 2024, le débouclage massif des positions de portage financées en yens a ainsi provoqué des mouvements violents sur les devises. Notez aussi que les marchés réagissent davantage aux anticipations de taux qu'aux taux actuels, et que le swap réellement versé dépend du broker.
C'est précisément pour cette raison que le différentiel de taux ne suffit pas : il doit être validé par le second pilier, la tendance.
Le suivi de tendance (trend following) consiste à prendre position dans le sens du mouvement dominant : acheter en tendance haussière, vendre en tendance baissière, sans chercher à anticiper les retournements.
Corvin Codirla en fait sa deuxième clé parce que cette approche permet de capter l'essentiel des grands mouvements sur le marché des changes, à condition de maîtriser la taille des positions et de garder un contrôle émotionnel suffisant pour laisser courir les gains.
Il défend un trading fondé sur des règles, par opposition aux décisions prises à l'instinct. Concrètement :
Cette stratégie reste une arme à double tranchant : en marché sans direction, elle produit des faux signaux et des petites pertes successives. Elle n'a de sens qu'avec une gestion du risque rigoureuse.
Le trading de position consiste à conserver ses positions pendant des semaines, voire des mois. Il s'accorde naturellement avec les deux piliers : le différentiel de taux se perçoit dans la durée, et une tendance met du temps à se développer.
Selon Corvin Codirla, les tendances de prix ont tendance à persister. Maintenir une position alignée sur la tendance est donc plus rentable que de multiplier les allers-retours, qui génèrent des frais et des erreurs.
Sur cet horizon, les indicateurs techniques ne suffisent pas. Il faut suivre les facteurs fondamentaux susceptibles de modifier le scénario : décisions et discours des banques centrales, chiffres d'inflation et d'emploi, événements géopolitiques.
Relevez le taux directeur de chaque grande banque centrale et repérez les devises les mieux et les moins bien rémunérées, ainsi que l'orientation attendue des prochaines décisions.
Retenez une paire qui oppose une devise à taux élevé à une devise à taux faible, en vérifiant le swap réellement appliqué par votre broker.
N'entrez que si la tendance de fond va dans le sens du différentiel de taux, en la confirmant sur un graphique journalier ou hebdomadaire avec des moyennes mobiles, le RSI ou le MACD.
Limitez le risque à une faible fraction du capital par position, utilisez un effet de levier modéré et placez un stop loss sous le dernier creux significatif.
Laissez courir la position tant que la tendance et le différentiel de taux restent favorables, et réévaluez-la à chaque réunion de banque centrale.
La méthode de Corvin Codirla tient en une phrase : acheter les devises les mieux rémunérées contre les moins bien rémunérées, uniquement lorsque la tendance le confirme, et conserver la position. Sa force est sa simplicité ; sa difficulté est la discipline qu'elle réclame.
Ces deux piliers ne suffisent pas sans money management. Limiter le risque par position, modérer l'effet de levier et placer des stops protège le capital lorsque le marché se retourne, ce qui arrive tôt ou tard. La gestion des émotions compte tout autant : un système de trading écrit à l'avance aide à respecter le plan plutôt qu'à réagir sous le coup de la peur ou de l'euphorie.
Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.