
Mis à jour le 03 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr
Jesse Stine est un trader indépendant américain qui n'a jamais travaillé à Wall Street et qui n'investit que son propre argent. Entre l'automne 2003 et janvier 2006, il affirme avoir fait passer son portefeuille de 46 000 dollars à plus de 6,8 millions de dollars, soit une performance de 14 972 % en 28 mois d'après son livre.
Son parcours intéresse autant pour ses échecs que pour ses gains : il a tout perdu plusieurs fois avant de mettre au point la méthode des « superstocks », puis a encore subi de lourdes pertes par la suite.
L'essentiel en bref
Jesse Stine est né au milieu des années 1970 et a grandi à Atlanta. Il n'a jamais géré de fonds ni occupé de poste dans une banque : c'est un particulier qui a appris seul, à force de lectures et d'erreurs. Son style n'est ni du day trading ni de l'investissement à long terme. Il conserve ses positions de quelques semaines à quelques mois, la plus longue de sa grande série ayant duré environ huit mois.
Il faut garder en tête que ses résultats proviennent de son propre récit. Ils portent sur un compte personnel et n'ont pas été audités par un tiers.
Jesse Stine a obtenu un MBA à la Georgia State University d'Atlanta. Le marché boursier l'a toujours intrigué, mais son intérêt a grandi lorsqu'un cours d'économie lui a imposé la lecture quotidienne du Wall Street Journal. Il se passionne alors pour la liste des plus fortes hausses du jour publiée dans la rubrique « Money and Investing ».
Désireux de s'impliquer dans le marché boursier, il commence par le paper trading, c'est-à-dire des transactions fictives sans argent réel. Il choisit des sociétés qu'il connaît : Coca-Cola, Delta Air Lines, Nike, Boston Chicken ou Pollo Tropical. Les résultats restent très modestes.
Un camarade de classe, stagiaire chez Merrill Lynch, lui parle d'une société de biotechnologie dont le médicament serait capable de guérir la cécité. L'action vaut 0,20 dollar et devrait, selon lui, atteindre 10 à 15 dollars après l'autorisation de la FDA, l'agence américaine du médicament.
Stine se précipite dans la maison de courtage la plus proche et ouvre un compte avec ses 2 000 dollars d'économies. Il investit tout, moins 75 dollars de commission. Quelques mois plus tard, la FDA rejette le médicament et l'action perd toute sa valeur du jour au lendemain. Il revient alors au trading sur un compte de démonstration.
Deux ans plus tard, diplômé, il s'installe à Vancouver, en Colombie-Britannique, pour un stage dans une entreprise de technologie. Sur les conseils de son patron et de collègues, il place 3 000 dollars empruntés à son père dans 10 000 actions de son employeur. Le titre finit lui aussi par ne plus rien valoir. Stine en conclut que suivre les conseils des autres ne mène nulle part et cherche une autre approche.
En 1998, il rentre à Atlanta et crée une entreprise de blanchisserie pour étudiants. La bourse est alors en pleine euphorie. Avec les économies tirées de son activité, il ouvre un compte de 10 000 dollars et achète, encore une fois, une valeur familière : AOL. Après ce premier succès, il devient day trader.
Il utilise un fort effet de levier sur un panier de valeurs technologiques très en vue : Microsoft, CMGI, eBay, Amazon, AOL et d'autres sociétés Internet. Les profits sont spectaculaires pendant un temps, puis l'éclatement de la bulle Internet, en 2000, anéantit de nouveau son compte.
Fin 2001, sa santé physique et mentale se dégrade rapidement. Craignant une sclérose en plaques, il passe des examens qui ne donnent rien de concluant. Il lit alors tout ce qu'il trouve sur la maladie et découvre un traitement expérimental prometteur, développé par le laboratoire Elan, coté sous le symbole $ELN.
Il raconte que cette période lui a permis de développer une capacité à visualiser l'évolution probable d'un graphique avant qu'elle ne se produise. En octobre 2002, il investit la totalité de ses 22 000 dollars d'économies dans Elan, à 1,25 dollar l'action.
Après ces montagnes russes, il se retrouve presque au point de départ.
Décidé à devenir le meilleur investisseur possible, Stine entame une période d'auto-apprentissage intense et étudie tous les livres de trading qu'il peut trouver. Celui qui le marque le plus est The Successful Investor de William O'Neil, le créateur de la méthode CANSLIM.
Sur la base de mes nouvelles connaissances, j'ai élaboré une liste précise de critères à rechercher, fondée sur les qualités des grands gagnants du passé. J'ai ensuite combiné cette liste avec des configurations graphiques spécifiques et puissantes que je jugeais « investissables ».
Il ne s'intéresse plus qu'aux actions qui remplissent à la fois ses critères fondamentaux et ses critères techniques les plus stricts.
Ce travail porte ses fruits avec TRM Corporation ($TRMM). Le graphique dessine une progression en marches d'escalier : le cours se stabilise, bondit, se stabilise de nouveau. Après avoir étudié la société et ses documents déposés auprès de la SEC, il y investit 46 000 dollars à l'automne 2003. Un peu plus de sept mois plus tard, son compte vaut 800 000 dollars.
Le 17 mai 2004, l'action s'effondre sous une vague de ventes massives. Stine doit sortir en urgence et son compte retombe à environ 150 000 dollars. Il rebondit pourtant et enchaîne, sur les vingt mois suivants, une série exceptionnelle malgré plusieurs baisses importantes.
| Date | Valeur du portefeuille | Commentaire |
|---|---|---|
| Automne 2003 | 46 000 $ | Achat de TRM Corporation |
| Mai 2004 | environ 800 000 $ | Sommet avant l'effondrement du 17 mai |
| Juin 2004 | 152 000 $ | Après la chute du titre |
| Octobre 2004 | 267 000 $ | Reprise |
| Décembre 2004 | 586 000 $ | |
| Février 2005 | 1,23 million $ | Premier million |
| Mai 2005 | 2,13 millions $ | |
| Juillet 2005 | 4,46 millions $ | |
| Septembre 2005 | 5,8 millions $ | |
| Janvier 2006 | plus de 6,8 millions $ | Fin de la série de 28 mois |
Source : chiffres donnés par Jesse Stine dans Insider Buy Superstocks, non audités.
Pendant cette période, il n'a aucune autre source de revenus et passe plus de quatre-vingt-dix heures par semaine devant son écran. Selon lui, le plus difficile a été de ne pas vendre à chaque nouveau palier d'un million de dollars. Il dit y être parvenu grâce à une confiance très forte dans sa méthode.
Je me suis retrouvé à 30 ans avec des millions d'actifs totalement liquides et pratiquement aucuns frais fixes. J'ai pensé qu'il était temps de me récompenser, et de récompenser les autres, pour ces efforts intenses.
Il s'offre les voitures dont il rêvait, passe son brevet de pilote, achète un appartement, donne à des œuvres caritatives et voyage. Pendant deux ans, il continue de chercher de futurs gagnants, mais profite surtout de ses gains.
En 2008, il revient en force sur un marché qu'il juge survendu. Il met de côté son propre système pour anticiper un rebond et engage plus d'argent que jamais. Le pari échoue : il perd environ 75 % de son capital.
Le marché étant déprimé, il décide de prendre une « mini-retraite ». À 33 ans, il cesse de trader, range ses affaires dans un garde-meuble et quitte les États-Unis sans plan précis, avec un sac à dos, un iPod, un ordinateur portable et quelques livres.
Ayant compris à quel point la vie en dehors du trading est précieuse, je m'efforce désormais de ne jamais cesser d'apprendre, de vivre en dehors de ma zone de confort, d'être plus discipliné et d'améliorer ma façon de penser.
Il revient aux marchés avec un regard neuf, puis décide de raconter son histoire.
Stine appelle « superstocks » les actions capables de multiplier leur cours en quelques mois. Sa méthode combine l'analyse fondamentale, les achats d'initiés et l'analyse technique sur des graphiques hebdomadaires. Voici les étapes qu'il décrit.
Il recherche des sociétés peu suivies : cours inférieur à 15 dollars, capitalisation de départ sous 100 millions de dollars et faible flottant, idéalement moins de 10 millions de titres.
Les bénéfices doivent accélérer nettement alors que la valorisation reste faible. La société doit aussi s'inscrire dans un thème porteur, ce qu'il appelle un « super thème ».
Les dirigeants achètent des titres de leur propre société sur le marché. C'est le critère qui donne son titre au livre et qui distingue sa méthode.
Sur le graphique hebdomadaire, le cours sort d'une longue base horizontale, au-dessus de sa moyenne mobile à 30 semaines, avec un volume hebdomadaire massif et une pente forte.
Il achète sur la cassure ou sur un repli calme, lorsque le volume se tarit, de façon que le potentiel de hausse dépasse largement le risque de baisse.
Il vend lorsque le cours s'éloigne excessivement de la moyenne mobile à 30 semaines, lorsque les initiés vendent massivement ou lorsque les fondamentaux se dégradent.
Attention au risque : la biographie d'auteur de Jesse Stine mentionne des baisses de compte de 61 %, 64 %, 65 %, 75 % et plus de 100 %. Ses gains viennent de paris très concentrés, souvent avec effet de levier. Reprendre ses critères de sélection ne suppose pas de reprendre la taille de ses positions.
Jesse Stine a publié en 2013, en auto-édition, Insider Buy Superstocks: The Super Laws of How I Turned $46K into $6.8 Million (14,972%) in 28 Months. L'ouvrage, d'environ 250 pages et rédigé en anglais, est à la fois une autobiographie, un exposé de sa méthode et un inventaire de ses erreurs. Plusieurs chapitres sont consacrés aux signaux de vente.
En dehors de ce livre, il reste très discret. Il ne participe pas au circuit des conférences financières, n'apparaît pas sur les chaînes boursières et donne peu d'interviews. Sa présence publique se limite pour l'essentiel à un compte sur le réseau X.
Le parcours de Jesse Stine montre qu'un particulier sans expérience à Wall Street peut obtenir des résultats hors norme, mais aussi à quel prix. Trois leçons se dégagent :
Son histoire est une source d'inspiration, pas un modèle de gestion du risque. Le lecteur a intérêt à retenir la rigueur de sa sélection et à tester toute stratégie sur un compte de démonstration avant d'engager de l'argent réel.
Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.