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3 personnalités inspirantes qui ont appris le trading en partant de zéro

Mis à jour le 02 octobre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr

Ingeborg Mootz, George Soros et Ed Seykota : 3 traders partis de zéro

Aucun trader ne réussit du jour au lendemain. Derrière les noms les plus cités, on trouve souvent un point de départ très éloigné de la finance : une retraitée allemande sans diplôme, un réfugié hongrois diplômé de philosophie, un ingénieur fasciné par les ordinateurs. Voici les parcours d'Ingeborg Mootz, de George Soros et d'Ed Seykota, leurs méthodes, et ce qu'un débutant peut réellement en retenir.

  • Ingeborg Mootz a commencé à investir en bourse à 75 ans, avec 1 000 actions héritées de son mari, et en a fait un portefeuille de plus de 500 000 euros en huit ans environ.
  • George Soros, arrivé à Londres sans argent en 1947, a gagné environ un milliard de dollars en vendant la livre sterling en 1992.
  • Ed Seykota a conçu au début des années 1970 l'un des premiers systèmes de trading informatisés et fait passer un compte client de 5 000 à 15 millions de dollars en douze ans.
  • Leur point commun n'est pas le talent, mais une méthode simple, appliquée avec discipline, et la capacité à couper leurs pertes.
TraderPoint de départDébut sur les marchésMéthodeFait marquant
Ingeborg Mootz (née en 1922)Veuve, sans formation financièreÀ 75 ans, en 1997Actions allemandes centenaires achetées près de leurs plus basPlus de 500 000 € en 8 ans environ
George Soros (né en 1930)Réfugié hongrois, diplômé de philosophieÀ 24 ans, en 1954Macro-économie et réflexivitéEnviron 1 milliard $ sur la livre en 1992
Ed Seykota (né en 1946)Ingénieur du MIT, famille immigréeVers 24 ans, en 1970Suivi de tendance automatiséUn compte de 5 000 $ porté à 15 millions $ en 12 ans

Ingeborg Mootz : la bourse à 75 ans

Ingeborg Mootz est née en 1922 à Giessen, au nord de Francfort, dans une famille nombreuse et pauvre. Mariée très jeune, elle a raconté dans de nombreuses interviews une vie de privations : son mari contrôlait l'argent du ménage, la jugeait incapable de gérer quoi que ce soit et refusait qu'elle s'intéresse à la bourse. Elle y pensait pourtant depuis longtemps.

Ingeborg Mootz

Tout change à la mort de son mari. En rangeant ses papiers, elle découvre 1 000 actions du groupe énergétique allemand VEBA (devenu E.ON après sa fusion avec VIAG en 2000), qu'il avait achetées sans lui en parler. Selon les sources, ce paquet valait alors entre 40 000 et 60 000 marks. Elle a 75 ans, une petite pension de veuve et aucun diplôme en finance : c'est son capital de départ.

Elle revend ces titres avec profit, puis achète des actions de deux banques allemandes, qu'elle cède un an plus tard avec un gain d'environ 130 %. Elle travaille sans ordinateur ni plate-forme de trading : le journal du matin pour les cours, le téléphone pour passer ses ordres. En huit ans environ, son portefeuille atteint 25 000 actions et plus de 500 000 euros. La presse allemande la surnomme « Börsen-Oma », la mamie de la bourse, et la presse étrangère « Million Dollar Granny ».

Sa fortune n'a pas changé sa vie quotidienne : elle a continué à vivre dans le même petit appartement de location à Giessen, en donnant des conférences pour encourager les femmes à gérer elles-mêmes leur épargne.

La stratégie d'Ingeborg Mootz

Ingeborg Mootz n'est pas une trader au sens strict : elle achète des actions à dividendes et les garde plusieurs mois ou plusieurs années. Sa méthode, qu'elle a décrite dans son livre « Der Börsenkrimi », tient en quelques règles :

  • N'acheter que des valeurs des grands indices allemands, le DAX et le MDAX.
  • Ne retenir que des entreprises qui existent depuis plus d'un siècle : elles ont déjà traversé des crises.
  • Relever trois chiffres dans le journal : le cours du jour, le plus bas et le plus haut des douze derniers mois.
  • Vérifier le cours sur cinq ans pour écarter les entreprises en déclin durable.
  • Acheter quand le cours est proche de son plus bas, l'écart avec le plus haut donnant une idée du gain possible.

C'est une approche à contre-courant : acheter de solides entreprises quand personne n'en veut. Elle a aussi profité d'une période très favorable aux actions allemandes à la fin des années 1990.

George Soros : du porteur de gare au mercredi noir

George Soros est né à Budapest le 12 août 1930 dans une famille juive aisée. En mars 1944, l'Allemagne nazie occupe la Hongrie ; plus de 500 000 Juifs hongrois sont assassinés en quelques mois. Il a alors 13 ans. Sa famille survit grâce à de faux papiers, que son père fournit aussi à d'autres familles, et le jeune George se fait passer pour le filleul d'un fonctionnaire du ministère de l'Agriculture.

George Soros

En 1947, alors que les communistes s'installent au pouvoir, il quitte la Hongrie pour Londres. Il finance ses études à la London School of Economics en travaillant comme porteur dans une gare et serveur dans une boîte de nuit. Il y obtient une licence de philosophie en 1951, puis un master en 1954, et y découvre la pensée de Karl Popper, qui marquera toute sa vie.

Un diplôme de philosophie n'ouvre pas les portes de la City. Il vend des articles de fantaisie sur la côte galloise tout en écrivant aux banques d'affaires londoniennes, jusqu'à être embauché en 1954 par Singer & Friedlander. Il part pour New York en 1956, apprend l'arbitrage et l'analyse dans plusieurs maisons de courtage de Wall Street, puis lance son propre fonds, devenu le Quantum Fund.

Le 16 septembre 1992, le « mercredi noir », la livre sterling s'effondre face au mark allemand et le Royaume-Uni doit sortir du mécanisme de taux de change européen (MCE). Soros, convaincu que la parité de la livre était intenable, avait vendu à découvert l'équivalent d'environ 10 milliards de dollars. Son gain : environ un milliard de dollars, et un surnom, « l'homme qui a fait sauter la Banque d'Angleterre ».

Il a transformé son fonds en family office en 2011 et confié en 2023 la présidence de ses fondations, les Open Society Foundations, à son fils Alex. Âgé de 96 ans, il leur a donné plus de 32 milliards de dollars ; Forbes estime sa fortune personnelle à environ 8,6 milliards de dollars en octobre 2026.

Je ne suis riche que parce que je sais quand j'ai tort.

La stratégie de George Soros

Soros est un spéculateur « global macro » : il analyse les fondamentaux d'un pays (taux d'intérêt, inflation, balance des paiements, politique monétaire) et parie sur les déséquilibres qu'il juge intenables.

Son cadre de pensée est la théorie de la réflexivité : les perceptions des investisseurs influencent les prix, et les prix modifient à leur tour les fondamentaux. Cette boucle peut pousser un marché très loin de son équilibre, jusqu'à un retournement brutal. En 1992, il estimait que le Royaume-Uni, en récession, ne pourrait pas maintenir les taux élevés nécessaires pour défendre la livre.

Deux habitudes complètent cette méthode : miser gros quand la conviction est forte, et sortir sans attendre quand le marché lui donne tort.

Ed Seykota : le pionnier du trading automatisé

Edward Arthur Seykota est né le 7 août 1946 aux Pays-Bas et a grandi aux États-Unis, où sa famille avait émigré. En 1969, il obtient au MIT deux diplômes, l'un en génie électrique, l'autre en management à la Sloan School. Rien ne le destinait aux marchés, sinon sa curiosité.

Ed Seykota

Le déclic vient d'une lettre de Richard Donchian sur les systèmes mécaniques de suivi de tendance. Embauché par une grande maison de courtage, Seykota teste dès 1970 ses idées sur un ordinateur IBM à cartes perforées, à une époque où les traders décidaient à l'intuition. Il met au point l'un des premiers systèmes informatisés utilisés pour gérer l'argent de clients sur les marchés à terme.

Déçu de voir sa direction passer outre les signaux de son système, il se met à son compte. Selon le livre « Market Wizards » de Jack Schwager, qui l'a rendu célèbre, il a fait passer l'un de ses comptes clients de 5 000 à 15 millions de dollars en douze ans. Il a aussi formé Michael Marcus, autre trader de légende.

Son système de trading automatisé repose sur un principe simple : suivre la direction dominante des prix. Le programme repère la tendance, donne le signal d'achat ou de vente et fixe la sortie, sans que les émotions du trader interviennent. Seykota traite surtout des contrats à terme sur matières premières, mais la logique est la même que sur les devises.

La stratégie d'Ed Seykota

Ses premiers systèmes s'inspirent des travaux de Donchian, notamment la règle des 4 semaines et le croisement des moyennes mobiles à 5 et 20 jours, qu'il adapte avec des moyennes mobiles exponentielles. Seykota est un pur suiveur de tendance. Les règles qu'il donne dans « Market Wizards » sont restées célèbres :

  1. Couper ses pertes.
  2. Laisser courir ses gains.
  3. Garder des positions de petite taille.
  4. Suivre ses règles sans les remettre en question.
  5. Savoir quand les enfreindre.

Il accorde autant d'importance à la psychologie qu'au système : pour lui, un trader perd rarement à cause de sa méthode, et beaucoup plus souvent parce qu'il ne la respecte pas.

Ce que ces trois parcours ont en commun

Une méthode simple
Trois chiffres dans un journal, un déséquilibre macro-économique, une tendance : chacun s'appuie sur une idée unique et compréhensible.
Des règles écrites
Mootz a publié sa méthode, Seykota a programmé la sienne. Une règle écrite se vérifie et se respecte plus facilement.
L'acceptation de l'erreur
Soros sort dès qu'il a tort, Seykota coupe ses pertes en premier. Aucun ne cherche à avoir raison à tout prix.
Le temps long
Soros a travaillé près de quinze ans à Wall Street avant de lancer son fonds. Aucun de ces succès n'a été immédiat.

Apprendre le trading en partant de zéro : 5 étapes

Ces trois histoires ne donnent pas de recette, mais elles dessinent un ordre logique pour débuter.

1
Acquérir les bases

Apprenez le fonctionnement des marchés, des ordres, de l'effet de levier et des frais avant d'engager le moindre euro. Soros a passé des années à apprendre le métier chez des courtiers avant de gérer son propre fonds.

2
Choisir une méthode simple et l'écrire

Retenez une seule approche, avec des règles d'entrée et de sortie claires, et consignez-la dans un plan de trading. La méthode d'Ingeborg Mootz tient sur une page.

3
S'entraîner sur un compte démo

Testez votre méthode avec de l'argent fictif pendant plusieurs semaines. Seykota vérifiait ses idées sur des données historiques avant de les appliquer : le compte démo joue le même rôle.

4
Fixer le risque avant chaque position

Limitez le risque à une petite fraction du capital par position, placez un stop loss et n'investissez que l'argent que vous pouvez vous permettre de perdre.

5
Tenir un journal et accepter d'avoir tort

Notez chaque trade, relisez vos erreurs et coupez vite les positions perdantes au lieu de vous entêter. C'est le point commun le plus net entre Soros et Seykota.

Ce que ces histoires ne disent pas

Ces parcours sont inspirants, mais ils ne sont pas représentatifs. On raconte les rares réussites, jamais les très nombreux échecs : c'est le biais du survivant.

À retenir
  • L'âge, le diplôme et l'origine sociale ne sont pas des barrières
  • Une méthode simple suffit si elle est appliquée avec constance
  • La gestion du risque passe avant la recherche du gain
  • L'apprentissage se compte en années
À relativiser
  • Ces réussites sont exceptionnelles, pas la norme
  • Chacun a profité d'une période de marché favorable
  • Certains chiffres reposent sur des interviews et varient selon les sources
  • La majorité des particuliers perdent de l'argent en trading

Conclusion

Ingeborg Mootz a commencé à 75 ans avec un journal et un téléphone. George Soros est arrivé à Londres sans argent et avec un diplôme que personne ne recherchait. Ed Seykota, fils d'immigrés, a appliqué aux marchés ce qu'il avait appris en ingénierie. Aucun des trois n'avait le profil attendu d'un trader.

Ce qui les réunit, c'est la volonté d'apprendre, une méthode qu'ils comprenaient entièrement et la discipline de s'y tenir, y compris pour reconnaître leurs erreurs. C'est la partie de leur histoire que chacun peut reproduire. Leurs gains, eux, restent des exceptions : mieux vaut s'inspirer de leur rigueur que de leurs chiffres.

FAQ - Questions fréquentes

Peut-on vraiment apprendre le trading en partant de zéro ? ▾
Oui, aucun de ces trois traders n'a commencé avec une formation de trader. Mais apprendre ne garantit pas de gagner : la majorité des particuliers perdent de l'argent, en particulier sur les produits à effet de levier. Il faut une méthode, une gestion du risque stricte et du temps.
À quel âge Ingeborg Mootz a-t-elle commencé à investir en bourse ? ▾
Ingeborg Mootz, née en 1922 à Giessen, a commencé à investir en bourse à 75 ans, après la mort de son mari, à partir de 1 000 actions VEBA. Elle a ensuite constitué un portefeuille de plus de 500 000 euros en huit ans environ.
Combien George Soros a-t-il gagné lors du mercredi noir ? ▾
Le 16 septembre 1992, lorsque la livre sterling a quitté le mécanisme de taux de change européen, la position vendeuse de George Soros lui a rapporté environ un milliard de dollars.
Qu'est-ce que la théorie de la réflexivité de George Soros ? ▾
Selon cette théorie, les perceptions des investisseurs influencent les prix, et les prix modifient à leur tour les fondamentaux. Cette boucle peut éloigner durablement un marché de son équilibre et créer des bulles, puis des retournements brutaux.
En quoi consiste le suivi de tendance d'Ed Seykota ? ▾
Le suivi de tendance consiste à acheter un marché qui monte et à vendre un marché qui baisse, selon des règles mécaniques, en coupant vite les pertes et en laissant courir les gains. Ed Seykota a été l'un des premiers à automatiser cette approche par ordinateur au début des années 1970.
Faut-il un diplôme en finance pour devenir trader ? ▾
Non pour trader à titre particulier : George Soros a étudié la philosophie, Ed Seykota l'ingénierie électrique et Ingeborg Mootz n'avait aucun diplôme en finance. Un poste de trader en banque ou en fonds exige en revanche presque toujours une formation supérieure.
Les histoires de traders à succès sont-elles représentatives ? ▾
Non. C'est le biais du survivant : on raconte les rares réussites, pas les nombreux échecs. Ces parcours sont utiles pour les méthodes et la discipline qu'ils illustrent, pas comme promesse de gains.
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Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.

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