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Steve Clark : parcours, méthode de trading et règles de gestion du risque

Steve Clark, fondateur d'Omni Partners

Mis à jour le 29 septembre 2026 par l'Équipe de traders-forex.fr

Steve Clark est un trader et gérant britannique, fondateur en 2004 de la société de gestion londonienne Omni Partners. Passé par Warburg, Lehman, NatWest Markets et Nomura, il s'est imposé grâce à une approche pragmatique du trading, centrée sur les flux d'ordres, la réaction du marché aux nouvelles et une discipline rigoureuse en matière de gestion du risque.

Son parcours et sa philosophie ont été popularisés dans l'ouvrage Hedge Fund Market Wizards de Jack Schwager (2012), dans un chapitre intitulé « Faites plus de ce qui fonctionne et moins de ce qui ne fonctionne pas ». Un entretien souvent cité comme l'un des plus francs de la série, où il partage une vision du trading à la fois réaliste, exigeante et sans compromis.

À retenir

  • Nationalité : britannique, élevé en banlieue de Londres
  • Société : fondateur d'Omni Partners (Londres, 2004)
  • Style : trading event-driven, arbitrage et lecture des flux d'ordres sur actions
  • Leçon clé : c'est la taille de la position, pas le prix d'entrée, qui fait perdre un trader
  • Conseil phare : analyser ses résultats pour faire plus de ce qui marche

Steve Clark en bref

PériodeÉtape clé
Début des années 1980Quitte l'école à 17 ans et travaille comme installateur de systèmes hi-fi
Milieu des années 1980Entre chez Warburg comme « blue button » (assistant) sur le parquet de la Bourse de Londres
Octobre 1987Gère seul un portefeuille de market making pendant le krach et perd plusieurs millions de livres
Fin des années 1980Devient le trader le plus rentable de son groupe chez Warburg
Années 1990Shearson Lehman, puis NatWest Markets, où il dirige le trading d'actions internationales
1994Lance un premier hedge fund depuis sa cuisine avec 300 000 $, puis le ferme
Fin des années 1990Co-responsable du trading pour compte propre sur actions internationales chez Nomura International
Début des années 2000Gère des capitaux pour First New York Securities
2004Fonde Omni Partners à Londres
Aujourd'huiReste impliqué dans la direction d'Omni, désormais recentré sur les marchés privés

Un parcours atypique : de la hi-fi à la City de Londres

Rien ne destinait Steve Clark à une carrière dans la finance. Élevé dans un logement social en périphérie de Londres, il quitte l'école à 17 ans après avoir passé ses A-levels en avance, et débute comme installateur de systèmes hi-fi.

C'est un ami d'école, devenu assistant de trading, qui le convainc de tenter sa chance dans la City. Faute de pouvoir décrocher directement un poste en salle de marché, il envisage d'abord des emplois de back-office, avant d'être embauché chez Warburg comme « blue button », un poste d'assistant peu payé sur le parquet de la Bourse de Londres. Sa mission : apporter les cafés, saisir les transactions, répondre au téléphone… et calculer les P&L, exercice dans lequel il excelle.

Transféré ensuite au desk des actions européennes, il y trouve des traders prêts à lui transmettre leur savoir. C'est là qu'il développe, au contact direct des flux, une compréhension intuitive du fonctionnement des marchés.

Le krach de 1987 : une leçon fondatrice

Après environ un an sur le desk, on lui confie pour la première fois un portefeuille à gérer seul : le book de market making sur les actions scandinaves, le temps que le trader titulaire parte en vacances. La semaine choisie est celle du krach boursier d'octobre 1987.

Le portefeuille perd plusieurs millions de livres sterling en une journée. Une expérience brutale, qui lui enseigne une règle qu'il n'oubliera jamais :

Le prix, c'est simplement le niveau auquel quelqu'un accepte de traiter. Il peut être n'importe où.

Loin de le décourager, cet épisode marque le début de sa carrière de trader. Il remplace ensuite régulièrement les traders européens en congé et finit par devenir le plus rentable de son groupe. Son secret : ne jamais défendre une position perdante. Pas de moyenne à la baisse, pas d'entêtement, il coupe, encore et encore.

De Warburg à Nomura : ascension et désillusions

Attiré par une augmentation de salaire de 300 %, Steve Clark quitte Warburg pour Shearson Lehman. Le choc est rude : privé de l'environnement Warburg, alors numéro un et particulièrement riche en informations sur les flux d'ordres, il n'arrive plus à gagner d'argent et commence à douter de ses capacités.

Il reconstruit alors sa méthode : il noue des relations étroites avec d'autres brokers pour accéder à leurs flux, trade les nouvelles, et filtre les actions européennes affichant des volumes inhabituels. Cette période renforce sa conviction qu'un trader dépend fortement de la qualité de son environnement et de son accès à l'information.

Il rejoint ensuite NatWest Markets, où il dirige le trading d'actions internationales. En 1994, il tente de lancer son propre hedge fund avec seulement 300 000 $ de fonds personnels, géré depuis sa cuisine, après la défection d'un investisseur qui devait lui confier 5 millions. Rongé par la pression de devoir gagner chaque jour, il ferme la structure un matin, après une nuit d'angoisse.

Il devient ensuite co-responsable du trading pour compte propre sur actions internationales chez Nomura International, où il se spécialise dans l'arbitrage de risque (fusions-acquisitions). Son approche : moins d'opérations, mais plus grosses, avec une préférence pour les rachats de filiales par leur maison mère, jugés les plus sûrs. Son passage chez Nomura se termine par un licenciement puis un litige, qu'il remporte mais qu'il qualifiera lui-même de « mauvais trade » au regard du temps perdu.

Omni Partners et ses performances

Après un passage aux États-Unis chez First New York Securities, dont il gère une partie des capitaux, Steve Clark fonde Omni Partners à Londres en 2004. La société débute comme gérant d'un hedge fund mono-stratégie (event-driven), reproduisant le style de trading de son fondateur, avant de se diversifier.

Les chiffres rapportés dans Hedge Fund Market Wizards illustrent la qualité de sa gestion du risque :

Indicateur (au moment de l'entretien)Omni Global Fund
Années consécutives rentablesToutes depuis 2001
Rendement annualisé≈ 19,5 %
Pire année (2011)+0,7 %
Drawdown maximal≈ 7 %
Ratio de Sharpe1,5
Ratio gain/douleur (Schwager)4,1
Performance 2008+15 % (contre −22 % pour l'indice hedge funds event-driven)

Au début des années 2020, Omni a séparé son activité hedge fund, devenue autonome, pour se recentrer sur les marchés privés. Steve Clark reste impliqué dans la direction et le développement de la société.

Sa méthode : flux d'ordres, volumes et news

Steve Clark développe une approche résolument empirique, loin des modèles théoriques et des prédictions. Son processus repose sur plusieurs piliers :

  • Les volumes inhabituels : quand beaucoup de titres s'échangent, « il se passe quelque chose ». Une action longtemps délaissée qui voit son volume bondir signale souvent l'arrivée d'un acheteur.
  • Les flux d'ordres : savoir où se trouvent les ordres des autres intervenants pour comprendre le sentiment réel du marché.
  • La réaction aux nouvelles : à court et moyen terme, son propre avis sur les fondamentaux importe peu. Ce qui compte, c'est ce que le marché pense de l'information.
  • La résistance relative : une action qui tient bon les jours de baisse générale suggère un soutien acheteur sous-jacent.

Il se montre sceptique vis-à-vis de l'analyse chartiste purement prédictive : on peut raisonner en probabilités, mais pas au-delà. Il combine donc les graphiques avec d'autres informations, notamment la localisation des ordres. Dans cette logique, il privilégie les marchés en tendance et se dit partisan d'acheter à la hausse, en renforçant quand le momentum se confirme.

La gestion du risque : son véritable avantage compétitif

Plus encore que ses points d'entrée, c'est sa gestion du risque qui distingue Steve Clark. Une mauvaise expérience sur une action danoise peu liquide lui a appris la leçon la plus importante de sa carrière :

Le prix n'a pas d'importance : c'est la taille qui vous tue.

Selon lui, les traders se focalisent trop sur le prix d'entrée, alors que c'est la taille de la position qui détermine la capacité à la conserver. Il faut donc s'entraîner à trader dans les limites de sa capacité émotionnelle. Ses autres principes :

  • couper rapidement les positions perdantes, sans jamais moyenner à la baisse ;
  • renforcer uniquement lorsque le marché valide le scénario ;
  • exploiter les situations à fort potentiel asymétrique ;
  • réduire l'exposition quand la volatilité augmente ou que les résultats se dégradent.

Il insiste enfin sur un point essentiel : les meilleurs traders savent être catégoriques dans leur opinion… puis changer d'avis instantanément. Ceux qui en sont incapables finissent piégés dans une position.

Les 6 règles de trading de Steve Clark

À la fin de son entretien avec Jack Schwager, Steve Clark résume sa philosophie en six règles, reformulées ici :

1
Si vous vous réveillez en pensant à une position, elle est trop grosse

La taille doit rester compatible avec votre sérénité. Une position qui occupe vos pensées fausse votre jugement : réduisez-la.

2
Ne cessez jamais de poser des questions

Parlez au plus grand nombre d'intervenants possible et étudiez systématiquement les opinions contraires à la vôtre.

3
Quand tout est aligné, frappez fort

Dans les configurations où tous les éléments convergent, augmentez l'exposition : même si vous avez tort, vous ne vous tromperez probablement pas de beaucoup.

4
Coupez ce que vous ne comprenez pas

Si une position se comporte d'une manière inattendue, sortez : le marché vous indique que vous ne savez pas ce qui se passe.

5
Utilisez toujours des stops de protection

Le marché n'est pas une affaire de faits, mais d'opinions et de positions. N'importe quel prix est possible à tout moment : un stop limite aussi le stress et les pertes.

6
Protégez la direction de votre courbe de capital

Le travail du trader se résume à faire monter la courbe de performance d'en bas à gauche vers en haut à droite. Tout le reste est secondaire.

Ce qu'un trader particulier peut retenir de Steve Clark

L'un de ses conseils les plus importants est d'une simplicité trompeuse : faites plus de ce qui fonctionne et moins de ce qui ne fonctionne pas. Il découvre ce principe en lisant le premier Market Wizards : une fois que l'on sait que l'on a une méthode, on peut l'affiner. Cela implique d'analyser en profondeur l'origine de ses profits et de ses pertes, ce que beaucoup de traders ne font jamais, afin d'identifier :

  • ses forces réelles et les configurations où l'on est performant ;
  • ses erreurs récurrentes ;
  • les marchés ou stratégies à abandonner.

Il met aussi en garde contre la dispersion : la plupart des grands traders sont spécialisés dans une seule chose, et les ennuis commencent souvent lorsqu'ils s'éloignent de leur domaine d'expertise. Enfin, il invite chacun à s'interroger honnêtement sur sa motivation : tout le monde n'est pas fait pour le trading, malgré son image flatteuse.

Directement applicable
  • Adapter la taille des positions à sa tolérance au risque
  • Placer systématiquement un stop de protection
  • Tenir un journal et analyser l'origine de ses gains et pertes
  • Couper vite une position qui ne se comporte pas comme prévu
  • Se spécialiser sur quelques marchés et configurations
Difficile à reproduire
  • L'accès aux flux d'ordres institutionnels et aux réseaux de brokers
  • Les stratégies event-driven et d'arbitrage de fusions
  • Les positions de très grande taille quand tout est aligné
  • Le suivi en temps réel de l'information propre à une salle de marché

Citations de Steve Clark

Ces citations sont traduites de son entretien dans Hedge Fund Market Wizards :

« Faites plus de ce qui fonctionne et moins de ce qui ne fonctionne pas. »

« Si vous vous réveillez en pensant à une position, c'est qu'elle est trop grosse. »

« Le prix n'a pas d'importance ; c'est la taille qui vous tue. »

« Votre travail de trader est de faire aller la courbe d'en bas à gauche vers en haut à droite. »

Conclusion

Le parcours de Steve Clark prouve qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme prestigieux pour réussir sur les marchés, mais qu'il faut une discipline de fer. De l'installateur hi-fi au fondateur d'Omni Partners, sa trajectoire a été façonnée par ses échecs : la perte du krach de 1987, les débuts difficiles chez Lehman, le hedge fund fermé en 1994. À chaque fois, il en a tiré une règle.

Si sa stratégie event-driven reste difficile à reproduire pour un particulier, ses principes de gestion du risque sont universels : maîtriser la taille de ses positions, utiliser des stops, couper ce que l'on ne comprend pas et faire davantage de ce qui fonctionne. Des règles à appliquer avant tout sur un compte de démonstration, puis avec prudence sur un compte réel, les CFD étant des produits à effet de levier comportant un risque élevé de perte en capital.

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Avertissement sur les risques : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en raison de l'effet de levier. Chez la plupart des brokers, entre 69 % et 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en tradant des CFD. Consultez le pourcentage exact publié par chaque broker et assurez-vous de comprendre le fonctionnement des CFD avant d'investir.

FAQ - Questions fréquentes sur Steve Clark

Qui est Steve Clark ? ▾
Steve Clark (Steven Clark) est un trader et gérant britannique, fondateur en 2004 de la société de gestion londonienne Omni Partners. Il est l'un des traders interviewés par Jack Schwager dans Hedge Fund Market Wizards (2012).
Quels sont les conseils de Steve Clark aux traders ? ▾
Son conseil principal est de faire davantage de ce qui fonctionne et moins de ce qui ne fonctionne pas, en analysant l'origine réelle de ses gains et de ses pertes. Il insiste aussi sur la taille des positions, la coupure rapide des pertes, l'usage de stops et la capacité à changer d'avis instantanément.
Comment Steve Clark prend-il ses décisions de trading ? ▾
Il s'appuie sur les flux d'ordres, les volumes inhabituels, les actualités et la réaction du marché à ces actualités. Il se méfie de l'analyse chartiste purement prédictive : pour lui, ce qui compte à court terme n'est pas son propre avis sur les fondamentaux, mais ce que le marché en pense.
Quel est le rôle du trader selon Steve Clark ? ▾
Pour Steve Clark, le travail du trader se résume à faire monter sa courbe de performance du coin inférieur gauche vers le coin supérieur droit du graphique. Il doit donc protéger en priorité la direction de cette courbe, en contrôlant strictement ses pertes.
Que s'est-il passé pour Steve Clark lors du krach de 1987 ? ▾
Jeune trader chez Warburg, il gérait seul le portefeuille de market making sur les actions scandinaves pendant la semaine du krach d'octobre 1987. Le book a perdu plusieurs millions de livres sterling. Il en a retenu que le prix est simplement le niveau auquel quelqu'un accepte de traiter, et qu'il peut être n'importe où.
Quelles sont les performances d'Omni Partners ? ▾
D'après Hedge Fund Market Wizards, le fonds Omni Global a été rentable chaque année de 2001 jusqu'à l'entretien, avec un rendement annualisé d'environ 19,5 %, un drawdown maximal d'environ 7 % et une hausse de 15 % en 2008, alors que l'indice des hedge funds event-driven perdait 22 %.
Pourquoi Steve Clark accorde-t-il autant d'importance à la taille des positions ? ▾
Parce que c'est la taille d'une position, bien plus que son prix d'entrée, qui détermine la capacité du trader à la conserver. Une position trop grosse, surtout sur un titre peu liquide, peut devenir impossible à couper sans lourdes pertes.
Peut-on appliquer la méthode de Steve Clark en tant que particulier ? ▾
Sa stratégie event-driven et d'arbitrage repose sur des flux d'information institutionnels difficiles d'accès pour un particulier. En revanche, ses principes de gestion du risque (taille de position, stops, analyse de ses résultats, coupure rapide des pertes) s'appliquent à tous les traders, y compris sur les CFD.

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